Déjà en 2005,
Amnesty International avait critiqué l’impunité des policiers en France. Selon l’ONG, la situation aurait empiré en 2008 dans un rapport rendu sur les violences policières, rapport intitulé « France – Des policiers au-dessus des lois ? ». Amnesty International relève ainsi que les abus et dérapages policiers (passages à tabac, injures racistes, usage abusif de la force, homicides illégaux » « ne sont pas souvent suivies d’enquêtes effectives » et que « les responsables de ces actes sont rarement traduits en justice ». L’ONG relève aussi l’absence de statistiques officielles et demande la création d’un comité d’enquête indépendant. En effet, s’il existe bien une commission de déontologie qui peut être saisie par le Français lambda, elle est très peu connue et n’a pas assez de moyens. En outre, les enquêtes sont menées par des policiers ce qui nuit à l’indépendance des procédures.
L’association pointe du doigt aussi les conditions de vie et les mauvais traitements infligés aux personnes en situation irrégulière qui sont détenues dans les centres de rétention.
De même, l’accent est mis sur l’augmentation des inculpations pour « outrage à agent » ou pour « rébellion » quand des victimes ou des témoins veulent se plaindre de mauvais traitements infligés par les policiers français. Selon Philippe Diaz, directeur adjoint du programme Europe d’Amnesty : « Ces pratiques peuvent exercer une dissuasion très forte sur les personnes qui essaient d’obtenir justice ».
Evidemment, du côté des ministères de l’Intérieur et de la justice, on dément : « Aucun policier n’est au-dessus des lois », « aucune tolérance sur le sujet des violences policières ». Même son de cloche chez les syndicats de
police qui se montrent indignés et scandalisés : « C’est un moyen pour eux de faire parler d’eux. Ils n’ont aucun pouvoir d’enquête. Nous sommes une des institutions les plus contrôlées » souligne Jean-Claude Delage, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance, le second syndicat Synergie s’exprimant par la voix de Bruno Beschizza : « Je ne réponds pas aux grossièretés et à la caricature ».
Selon Philippe Diaz, c’est « un système qui favorise l’impunité et nuit à la réputation de la majorité des représentants de l’ordre qui respectent la légalité ».
Déjà, en 2006, la Cour européenne des
Droits de l’Homme avait rendu un arrêt qui condamnait la
France et elle avait demandé que les policiers reçoivent des instructions précises sur l’utilisation des méthodes de contrôle.
La situation semble pourtant, d’après Amnesty, s’être aggravée depuis…

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