Depuis son hospitalisation la semaine dernière à Fort-de-France en
Martinique, le poète était bénéficiait de soins intensifs, mais son état de santé s’avérait toujours préoccupant.
Ce matin à l’âge de 94 ans, l’ancien maire de Fort-de-France et figure tutélaire de la politique martiniquaise, s’en est allé..
Voici les grandes dates de sa vie ....
De sa vie d’étudiant au prestigieux lycée Louis-le-Grand à
Paris à son engagement politique en Martinique, Aimé Césaire n’aura jamais eu de cesse de défendre « la Négritude » : un concept créé avec d’autres jeunes écrivains noirs francophones - dont Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas, qui défend les valeurs intellectuelles et culturelles de « l’homme noir », dévalorisées d’après lui par le racisme issu du colonialisme.
Enfant, Aimé Césaire (né le 25 juin 1913 à Basse-Pointe en Martinique) a apprit à lire grâce à sa grand-mère (qui était lettrée), quant à son grand-père, il a été le premier instituteur noir de la Martinique et inspecteur des impôts.
Etudiant à Paris (1931) où il rencontra Léopold Sédar Senghor (qui devint plus tard président du
Sénégal), ces deux amis figurent parmi les fondateurs du journal L’Etudiant noir, en 1934 : pages à travers lesquelles naîtra le concept de « Négritude ».
En 1935, il réussit le concours d'entrée à Normale Supérieure et se marie 2 ans plus tard avec une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi.
En 1939, il rentre en Martinique où il enseigne au lycée de Fort-de-France juqu'en 1945. C’est cette même année que paraît son recueil « Cahier d'un retour au pays natal » qu'André Breton préfacera en 1943.
En 1945, il est élu maire de Fort-de-France avec le soutien du Parti communiste (jusqu'en 2001) et est le rapporteur de la loi sur « la départementalisation » de la Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion.
En 1948, paraît l' « Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache », préfacée par
Jean-Paul Sartre qui consacre les idées du poète martiniquais et de ses amis sur « la Négritude ».
En 1950, le poète martiniquais publie son radical Discours sur le colonialisme (essai aux éditions Réclame), rapidement réédité par Présence Africaine en 1955, et l’édition de 1973 sera déjà la sixième : un texte aujourd’hui encore considéré comme fondateur.
En 1956, Aimé Césaire quitte le Parti communiste et devient
Conseiller général du 4e canton de Fort-de-France (jusqu'en 1970), pour créer une année plus tard, le Parti progressiste martiniquais (PPM).
En 1958, il accorde un « oui » (réticent) au
Général De Gaulle et, soutient sans réserve son ami
François Mitterrand aux présidentielles de 1981 et 1988.
En 1976 ses Oeuvres complètes paraissent chez l'éditeur martiniquais Desormeaux et en 1982, il obtint le lauréat du Grand prix national de la poésie, avant de devenir un an plus tard, le Président du Conseil Régional de la Martinique (jusqu'en 1986);
En 2005, Aimé Césaire refuse de recevoir le président français
Nicolas Sarkozy (ministre de l'Intérieur à l’époque), en raison de la colère suscitée par l'article de loi reconnaissant « le rôle positif » de la colonisation. Mais l’année suivante, il finit par rencontrer Nicolas Sarkozy en Martinique et, son nom est donné à l'aéroport de Fort-de-France.
En 2007, il soutient
Ségolène Royal à la présidentielle.
Aujourd’hui, 17 avril 2008, il meurt au CHU de Fort-de-France où il était hospitalisé depuis le 9 avril..