Ce matin, dans l’Affaire UIMM concernant des retraits suspects en liquide des caisses de l'organisation patronale, Daniel Dewavrin, l'ancien président de l'UIMM a été placé en garde à vue à la brigade financière.
En effet, ce dernier a été à la tête de la présidence de l'Union des industries et métiers de la métallurgie de 1999 à 2006 avant de passer le relais à Denis Gautier-Sauvagnac (DGS) qui assumait déjà la fonction de délégué général depuis 1993.
A noter que, à l’issue de sa garde à vue (environ 48h), l'ancien président de l'UIMM pourrait être présenté à Roger Le Loire (
juge d'instruction) qui pourrait l'entendre en tant que témoin (témoin assisté) ou le mettre en examen.
Au cours de sa garde à vue, les policiers l’ont interroger sur l’usage d'une somme de 3.000 euros (qui avait été saisie lors d'une perquisition à son domicile et) qui proviendrait d'une somme de 5.000 euros que lui avait remis M. Gautier-Sauvagnac.
Au cours de l’enquête préliminaire, Daniel Dewavrin a expliqué aux enquêteurs qu’il a demandé cette somme à DGS en faisant croire qu’il avait un agenda trop chargé, l'empêchant de se rendre à sa banque pour un retrait en espèces dans la perspective d'un voyage d'agrément à l'étranger.
Une déclaration confirmée par Gautier-Sauvagnac qui aurait depuis, été remboursé en espèce : l’argent ne provenait pas de la caisse de l'UIMM mais du solde de ses frais de représentation (qui, ce jour-là), se trouvait dans le coffre de son bureau.
La justice enquête donc sur la destination de quelques 19 millions d’euros en liquide, retirés des caisses de l’UIMM entre l’année 2000 et 2007 sous l'autorité de DGS.
D’après les enquêteurs, les soupçons se posent sur le fait que ces fonds aient servi au financement de syndicats mais, ils n'excluent pas qu'une partie ait été destinée à des financements politiques occultes.
Toutefois, dans cette affaire, 5 personnes sont mises en examen. Il s’agit de : Dominique de Calan (adjoint de Denis Gautier-Sauvagnac), Denis Gautier-Sauvagnac lui même, Dominique Renaud et la chef comptable de l'UIMM.
Par ailleurs, Bernard Adam (ancien directeur financier) et Alain Noqué (Directeur des relations extérieures de l'organisation) font également l’objet de poursuite.
Daniel Dewavrin devrait aussi être interrogé sur la destination de ces fonds qui auraient servi à "fluidifier les relations sociales". Mais, pour lui, malgré les propos de
Laurence Parisot (Présidente du Medef), ces « retraits en espèces ne sont pas des infractions (…) Ces sommes n'ont absolument rien d'occulte, ce n'est pas de l'argent sale ». Il ajouta que « ce qu'on prétend découvrir aujourd'hui n'est pas un mystère pour tout le monde, c'est même assez largement connu ».
Rappelons qu’en mars dernier, il a affirmé que Mme Parisot elle-même avait été informée de l'existence de ce système « avant l'été 2007 », alors qu'elle affirme avoir découvert l'affaire dans la presse fin septembre.
Face à cela, la présidente du Medef a assigné en diffamation M. Daniel Dewavrin qui lui, a promis de fournir à la justice « des éléments de preuve ».
Membre de droit du bureau, puisque Président d'honneur de l'UIMM, les statuts de l'organisation doivent être révisés lors d'une assemblée générale extraordinaire le 17 avril prochain dans le cadre d'une refonte de la gouvernance de l'UIMM en raison de l’ « absence » de Mr Daniel Dewavrin.