Depuis le début de la semaine,
la Guyane est le théâtre de manifestations et de violences urbaines. 19 personnes ont été arrêtées dont quatre mineurs.
Ces violences se sont déroulées en marge de blocages routiers contre le prix du carburant. Ces blocages paralysent la Guyane depuis lundi. Les principales routes sont bloquées : Cayenne, la base de Kourou, la route du littoral et même la sous-préfecture sont désormais inaccessibles. Les accès à l’aéroport de Cayenne et au port de commerce sont aussi fermés.
Le centre spatial a dû interrompre ses activités et a repoussé le lancement d’une fusée Ariane 5 qui devait envoyer dans l’espace deux satellites pour Eutelsat.
Depuis mardi, les commerces et les établissements scolaires sont fermés et de nombreuses stations-service ne sont plus approvisionnées.
Alors pourquoi cette colère ? Des associations de consommateurs et des transporteurs, soutenus par la population et certains élus locaux, réclament une baisse de cinquante centimes d’euros du prix du litre du carburant. Il faut dire qu’il atteint 1,77 euro pour l’essence sans plomb et 1,55 euro pour le gazole. Au marché noir actuellement, un litre de sans plomb est revendu jusqu’à 3,50 euros !
Ces hausses de prix proviennent d’une décision de justice rendue le 17 novembre 2006. En effet, les concessionnaires automobiles guyanais s’étaient plaint du fait que l’essence utilisée sur place abîmait les moteurs des voitures et que, celles-ci étant encore sous garantie, les réparations leur incombaient gratuitement. La Guyane avait donc dû s’approvisionner en carburants aux normes européennes. Ce changement avait entraîné un surcoût de plus de 30 centimes pour un litre et les hausses étaient échelonnées dans le temps depuis février 2007.

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