Et voilà bien un conflit sous-jacent depuis des mois dont on ne serait bien passé en cette période de crise économique.
Gazprom, l’entreprise de gaz nationale russe, a coupé les vivres à l’Ukraine, territoire traversé par de gigantesques oléoducs qui fournissent l’Europe.
Pour l’instant, les Européens ne réagissent guère car la Russie leur a signifié qu’il n’y aurait aucune pénurie de gaz dans les mois qui viennent d’autant plus que les pays européens ont engrangé des stocks de gaz importants sans doute pour anticiper la crise.
Pour l’instant… Car, c’est par l’Ukraine que transite le gaz venant
de Russie à hauteur de 40 % des importations gazières européennes.
Bien sûr, l’Union Européenne, depuis le dernier conflit qui opposait Russes et Ukrainiens, avait pris quelques dispositions pour sa sécurité énergétique en diversifiant ses fournisseurs d’énergie et les pays de transit… Mais pour combien de temps ?
La Russie vient d’accuser l’Ukraine de voler du gaz au passage, à la frontière ukraino-slovaque. Le commissariat européen à l’Energie n’a rien vu de tel pour l’instant.
Cela dit, les problèmes sont suffisamment complexes entre les deux pays pour que l’on puisse craindre, dans les mois qui viennent, une réduction drastique de la fourniture de gaz en Europe même si celle-ci a pris les devants en faisant des stocks.
Kiev, pendant ce temps, tient à rassurer les dirigeants européens en envoyant des délégations. Kiev veut faire partie de l’Union européenne pour se dégager de l’emprise russe qui tend à accuser son ex-république soviétique d’être à l’origine de tous les maux.
Poutine, pour faire pression semble-t-il sur les Européens, avait annoncé une flambée des prix du gaz mais pour l’instant, la crise économique étant passée par là, les prix du gaz russe dépendent des prix mondiaux qui sont en chute libre.
Seule, l’Europe unie pourrait être capable de régler ce conflit en imposant un consortium commun qui réunirait la Russie, l’Ukraine et les Européens afin de gérer le transit du gaz russe en Europe via l’Ukraine.
Késako donc ? Et bien, personne, pour le moment, n’est capable de dire ce qu’il adviendra de ce conflit ouvert et dans quelles proportions il pourra toucher l’Europe dans l’acheminement du gaz russe qui chauffe nos maisons… Et ce, à moyen terme.