La taxe carbone sera donc bien mise en place en 1020. Michel Rocard, en charge du dossier, préconisait une taxe de 32 euros la tonne de CO2 selon les conclusions du rapport d’Alain Quinet, cette taxe devant être évolutive en augmentant chaque année de 5 % (soit 100 euros en 2030). Cela dit, au gouvernement, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, mise sur une taxe comprise entre 14 et 20 euros tandis que Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, évoque 15 euros la tonne.
Évidemment, on se pose la question de savoir ce qui changera réellement dans les habitudes des consommateurs avec une taxe à 15 euros ! L’automobiliste continuera de prendre sa voiture et chez soi, on ne baissera pas davantage le chauffage… Ce sera donc une taxe comme une autre destinée sans doute à renflouer les déficits ou à rééquilibrer les finances en cas de suppression de la taxe professionnelle… D’autres avancent que la taxe de 32 euros est le minimum nécessaire pour que les émissions de gaz à effets de serre soient divisées par quatre en 2050 en France, taux requis pour la France… La France qui passera donc pour le mauvais élève de la classe (la Suède pratiquant déjà une taxe de 100 euros et d’autres pays européens ayant une taxe carbone mais accompagnée de nombreuses restrictions).
Ce recul du gouvernement provoque les critiques des associations de défense de l’environnement comme l’explique Philippe Quirion, chercheur au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement : « A 15 euros la tonne de CO2, rien ne changera. Une taxe à 32 euros permet déjà de faire basculer certaines décisions du côté des énergies renouvelables, et à 100 euros, le charbon et le fioul lourd ne sont plus compétitifs. Si les entreprises savent que le CO2 sera taxé à 100 euros en 2030, elles devront anticiper ».
Alors pourquoi une telle reculade ? Eh bien le gouvernement craint, en période de crise, d’alourdir encore les dépenses des ménages même si des mesures de compensation seront prévues (on ne sait pas encore pour qui et dans quelle mesure). Reste qu’une taxe à 15 euros, cela ne représentera que 3 centimes par litre d’essence… Pas de quoi décourager les automobilistes ! De fait, si le but était de réduire la consommation des énergies émettrices de gaz à effet de serre, il ne sera certainement pas atteint !
Et quid des remboursements pour les ménages modestes ou en milieu rural ? Pour l’instant, c’est le flou artistique car Christine Lagarde ne serait pas favorable à un chèque vert mais à un autre système de compensation. Quid aussi de l’électricité qui pour l’instant n’est pasconcernée par la taxe carbone ?
Voilà de belles discussions en perspective entre majorité et opposition et au sein même du gouvernement !

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