On sait maintenant, par
François Fillon, que le prix de la taxe carbone sera de 14 euros par tonne de CO2 rejeté. Mais attention ! Ce sera un prix initial car la taxe augmentera régulièrement par la suite ! Elle ne concernera pas l’électricité au grand dam de Nicolas Hulot, les Français les plus démunis devraient toucher une compensation, et elle n’entraînera pas de hausse des prélèvements obligatoires (là, on ne comprend pas bien ce que ça veut dire parce qu’une taxe est une taxe, donc un impôt nouveau). Si on comprend bien aussi, certains vont payer cet impôt et vont être remboursés par la suite…
Reste que cette fameuse taxe carbone alimente toutes les conversations dans les sphères politiques et économiques. Chacun se pose des questions sur son utilité (les Verts la voudraient plus élevée pour être réellement efficace) et sur son application. D’ailleurs, avant de trancher, Nicolas Sarkozy reçoit aujourd’hui Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ainsi qu’un proche de Nicolas Hulot, le député européen Jean-Paul Besset… De là à ce que la taxe carbone passe à 32 euros comme préconisé par
Michel Rocard et qu’elle concerne aussi l’électricité, il n’y a qu’un pas… Car désormais, depuis les élections européennes, il faut compter avec les voix des Verts…
Pour Alain Juppé, président du comité d’experts avec Michel Rocard : « Il y a deux conditions à remplir pour que la réforme soit juste »… Revoir la fiscalité pour « modifier les comportements des consommateurs » et développer les transports collectifs et le parc de véhicules propres. Ainsi, il regrette qu’un « effort massif n’ait pas été fait pour développer la voiture électrique » (pourquoi ? L’électricité ne produit-elle pas de CO2 ? NDLR). Laurence Parisot du Medef, réclame elle, un « chèque vert » pour les entreprises qui vont devoir payer la taxe carbone : « La CEE (Contribution climat Energie) doit être créée à fiscalité constante pour les entreprises »… Jean-François Copé, Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, fait lui aussi, entendre sa différence avec le gouvernement en mettant le doigt sur les inégalités géographiques : en effet, non seulement les ruraux seront plus touchés par la taxe carbone mais aussi ceux qui habitent dans des régions plus froides et qui doivent donc plus se chauffer… Cette taxe serait donc inégalitaire en l’état… Il élève même le ton en prévenant que le groupe UMP « n’ira pas voter en fermant les yeux » en refusant qu’il s’agisse là d’une recette en plus pour le fisc.
Et quid des compensations ? Alain Juppé préconise une baisse de l’impôt existant (mais… Et ceux qui ne payent pas d’impôts ??? NDLR)… François Fillon a déjà déclaré qu’une baisse de la CSG était inenvisageable…
À gauche, on évoque une « contribution climat énergie » et l’on ne voit pas bien la différence avec la taxe carbone si ce n’est l’intitulé. Il faut, pour le PS, que cette taxe touche les entreprises, principaux pollueurs… Car, pour le gouvernement, les émissions de CO2 des entreprises sont déjà sanctionnées par des quotas européens. La « contribution climat énergie » devrait être redistribuée aux familles en difficultés avec des remboursements de 200 euros de TVA pour les plus modestes et une aide à la réduction de leur facture d’énergie.
Quant au Président de la République, il avait déclaré que cette taxe carbone devait compenser la suppression de la taxe professionnelle (mais évidemment, cela ne suffira pas).
Les deux seules voix, pour l’instant, vraiment opposées à cette taxe carbone sont celles de
Ségolène Royal et, curieusement, de
Christine Boutin pour le parti chrétien-démocrate. La première n’épargne personne en dénonçant « un impôt sur l’essence qui assomme les familles sans libre choix d’un transport propre » et préconise de faire payer Total (entreprise française qui fait des milliards de bénéfices). Quant à Christine Boutin, après avoir été virée sans ménagement du gouvernement, elle a la dent dure et tient aussi à faire entendre sa voix en défendant les familles : « les familles avec enfants se logent le plus souvent en périphérie », et en banlieue, l’usage de la voiture est indispensable eu égard au manque de transports en commun…
… On le voit, cet impôt qui ne porte pas son nom, fait bien des vagues et risque d’être complètement impopulaire chez les Français déjà surtaxés et à qui l’on avait promis qu’il n’y aurait aucune hausse d’impôts…