La baisse de la TVA à 5,5 % dans la restauration doit avoir lieu le 1er juillet 2009. Une des contreparties demandée par l’Etat était, outre la baisse de la note pour le client, la création d’emplois. Rappelons que cette mesure doit coûter la bagatelle de 2,5 milliards d’euros pour l’Etat et il faudrait au moins, qu’il y ait des contreparties dont pourquoi pas des hausses de salaires pour les employés bien malmenés dans la restauration ! Les syndicats des restaurateurs avaient déclaré, selon un contrat d’avenir, qu’il y aurait 40 000 emplois créés en 26 mois et que les notes des clients seraient de 10 % moins chères… Cela dit, dans les faits, les résultats escomptés seront bien difficiles à atteindre !
C’est ce qui résulte d’une audition d’Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au commerce, réalisée par la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale. Ce dernier a eu bien du mal à démontrer que cet effort de 2,5 milliards d’euros pour les restaurateurs pourrait profiter à l’emploi étant donné que ce cadeau ne ferait guère plus qu’une exonération de charges patronales qui ne valait « que » 650 millions d’euros ! En effet, cette baisse des charges a été mise en place depuis 2004, ce qui a permis la création de 15 000 emplois par an dans la restauration… Les syndicats des salariés avaient aussi noté que la baisse de la TVA n’était qu’un cadeau fiscal sans compensation pour les salariés qui travaillent le dimanche ou de nuit… Ainsi, les cinq organisations syndicales avaient refusé de participer aux états généraux.
… Ce qui a fait dire avec une ironie non-déguisée à Didier Migaud, président socialiste de la commission des finances que « 10 000 emplois supplémentaires coûtent 2,5 milliards d’euros, c’est une performance ! ». Un emploi créé par la baisse de la TVA revient donc à 250 000 euros !!!
Bref… Il y a fort à parier que cette mesure tant réclamée depuis des années par les restaurateurs n’aura, d’une part, guère de répercussions sur l’emploi, et d’autre part, ne profitera sans doute pas aux clients car si les prix vont être « normalement » surveillés par ci et par là pour vérifier qu’une baisse est bien appliquée, rien n’a pu empêcher les restaurateurs d’anticiper la baisse demandée avec une augmentation auparavant…
Une mesure qui coûte cher, qui ne va pas forcément apporter d’augmentation au personnel et qui aura des résultats plus que mitigés en termes de créations d’emplois et de baisse des tarifs…

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