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Il n’y a rien d’étonnant, en cette période difficile pour bon nombre de Français, à ce que les dossiers de surendettement s’entassent sur les bureaux de la
Banque de France. Cette dernière a confirmé avoir répertorié 21 747 dossiers rien que pour le mois de mars dernier ! Même l’année de naissance des commissions de surendettement, soit 1990, n’avait atteint un tel afflux de dépôts de dossiers !
Evidemment, la crise est passée par là et déjà en février, plus de 20 000 dossiers avaient été déposés… C’est donc un triste record avec 58 188 dossiers de surendettement déposés rien que pour le premier trimestre 2009 et la situation n’est pas là de s’améliorer avec les banques qui font toujours la sourde oreille pour reprendre des crédits et les sociétés de crédit qui serrent les vis après s’en être mis plein les poches et qui demandent ou exigent par voie d’huissier le plus souvent, des remboursements que les souscripteurs d’emprunts sont bien en mal de rembourser… Gloire à toi crédit revolving et cartes en tout genre chez les membres de la grande distribution !
En 2008, 188 485 dossiers ont été déposés et seuls 158 940 ont été jugés recevables, des chiffres dans la moyenne par rapport à 2004. En 2007, les données étaient stables avec approximativement 700 000 foyers qui étaient en cours de désendettement. Désormais, les chiffres explosent car si le phénomène continue, il faudra tabler sur 240 000 dossiers déposés en 2009 !
Pour tenter de faire changer la donne,
Christine Lagarde a présenté un projet de loi le 22 avril afin d’encadrer le crédit à la consommation et surtout le très coûteux crédit revolving qui permet, à des taux scandaleusement hauts, de fournir une réserve de crédit qui ne sert plus au bout du compte qu’à rembourser les intérêts d’emprunt… Une pratique douteuse dont ont abusé les grandes surfaces et les sociétés de crédit style
Cofidis ou
Cetelem. Il suffirait, selon elle, d’encadrer la publicité avec des mentions obligatoires et de prolonger le délai de rétractation d’une semaine… Une bonne initiative cependant : les organismes de crédit se verraient dans l’obligation de se renseigner sur leurs clients en consultant obligatoirement le fichier des incidents de paiements, ce qui n’était jamais fait ou si peu auparavant. Il faut aussi expliquer que le personnel de ces organismes de crédit sont payés avec un fixe mais aussi avec des primes dépendant du nombre de contrats passés… De là parfois, un manque de contrôle pour « fourguer » des contrats à qui mieux mieux.
Chiffre encore plus dramatique… Les foyers qui ont déposé un dossier à la Banque de France ont en moyenne cinq
crédits revolving, ce qui signifie bien que les organismes de crédit et les grandes surfaces poussaient au crédit à la consommation en expliquant très peu les conséquences des offres alléchantes proposées au départ… Ces crédits de la mort seraient présents dans environ 85 % des dossiers de surendettement déposés avec toutes les conséquences dramatiques que cela peut entraîner !