Ça y’est, l’épreuve de philo est terminée pour les bacs généraux. Les candidats au bac L auront eu pour sujets : « Le langage trahit-il la pensée ? » ou « L’objectivité de l’Histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ? » ou un commentaire de texte de Shopenhauer sur le désir : un extrait du « Monde comme volonté et comme représentation ». Ceux du bac S : « Est-il absurde de désirer l’impossible ? » ou « Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ? ». Le commentaire de texte concernait un extrait de « De la démocratie en Amérique » de Tocqueville. Enfin, ceux du bac ES : « Que gagne-t-on à échanger ? » ou « Le développement technique transforme-t-il les hommes ? » tandis que le commentaire de texte portait sur un extrait d’ « Essai sur l’entendement humain » de John Locke.
En général, les sujets ont été jugés difficiles par les enseignants et les réactions à chaud montrent que de nombreux élèves se sont tournés vers le commentaire de texte.
Pour les dissertations, ce que l’on peut déjà dire c’est qu’il est toujours bien vu par les correcteurs de faire référence à l’actualité : cela signifie que vous vous intéressez à ce qui vous entoure, ce qui est le but même de la philo. Par exemple, sur le sujet concernant l’Histoire, on pouvait faire référence à Monseigneur Williamson qui avait nié la Shoah qui est pourtant un fait avéré… Lui-même n’étant pas historien, il ne pouvait y avoir d’impartialité… Un historien doit-il être impartial pour raconter l’Histoire de manière objective ?… Pas forcément puisque qu’est-ce l’objectivité et existe-t-elle d’ailleurs dans les faits qui racontent les humains ? Il suffit juste que l’historien puisse avoir le recul nécessaire pour raconter les faits qui se succèdent. Il peut avoir son sentiment et donc, ne pas être partial à condition de révéler une succession de vérités prouvées.
« Le Langage trahit-il la pensée ? »… Dans ce cas, qu’est-ce que la pensée pure puisque s’il n’y a pas de langage, il n’y a pas de transmission de la pensée ? On a donc besoin du langage et la pensée pure, abstraite et sans langage ne serait qu’un phénomène inutile. Mais n’y a-t-il rien à part la pensée qui puisse être traduit par le langage ? Eh bien si, il y a les impressions, les intuitions… Il existe ainsi des lapsus révélateurs qui révèlent la sous-pensée, celle que l’on ne veut pas exprimer ouvertement mais qui se sert du langage…
« Est-il absurde de désirer l’impossible ? »… Beau sujet en vérité ! Désirer l’impossible est une souffrance puisqu’on ne peut l’atteindre et si on s’arrête de désirer, la vie ne sert à rien… On pouvait donc prendre exemple sur les Epicuriens ou sur les Stoïciens qui jugent qu’il ne faut pas trop désirer pour s’empêcher de souffrir ou sur le fait que ce qui est important est justement de désirer et non pas forcément d’obtenir. Enfin, l’impossible peut aussi être un idéal et dans ce cas, il n’est pas absurde puisqu’il peut donner un sens à la vie, une orientation vers laquelle on tend à la condition qu’il ne s’agisse pas d’une vaine utopie…
« Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ? »… Tout d’abord, il fallait définir ce qu’était réellement la science ou les sciences… Les sciences occultes font-elles partie du domaine de la science ? Et dans l’état actuel des connaissances scientifiques, on ne sait toujours pas ce qu’il y a après la mort… Donc oui, actuellement, il y a des questions auxquelles aucune science ne répond…
« Que gagne-t-on échanger ? » : qu’est-ce qu’un échange ? Est-il forcément monétaire ou évaluable ? L’échange d’opinions sur Internet par exemple n’est-il pas enrichissant et en quoi ?
« Le développement technique transforme-t-il les hommes ? » : une référence intéressante aurait pu être la bombe atomique par exemple avec la transformation de l’aspect guerrier de l’Homme qui, de fait, doit museler ses ambitions sous peine de destruction de la planète… De même, l’aéronautique ne nous a-t-elle pas permis de visiter des contrées lointaines et de cesser nos a-priori sur d’autres cultures que jadis l’on considérait comme inférieures ?
Ce ne sont que quelques pistes bien sûr et de nombreux sites vont d’ores et déjà vous proposer des corrigés.
Cela dit, sachez que les correcteurs prendront en compte vos efforts de raisonnement et non pas un compte-rendu de cours appuyé par de trop nombreuses citations.
Et puis, la philo, c’est toujours un peu aléatoire dans les corrections bien que les profs affirment le contraire alors, « Alea jacta est » disait le grand Jules… Qui semblait être un grand philosophe !
Il est temps de tourner la page, ce qui est fait est fait. Concentrez-vous maintenant sur les épreuves à venir.
Quant aux candidats pour les bacs technos, on leur souhaite aussi bonne chance pour la philo dès ce moment !