Cinq jeunes se sont suicidés en prison en quatre mois. Rachida Dati, en visite à la maison d’arrêt de Metz-Queuleu hier, a annoncé quelques mesures qui sont loin de faire l’unanimité pour prévenir le suicide des mineurs incarcérés. Hier, un autre mineur a tenté de mettre fin à ses jours quelques jours après la mort d’un adolescent de 16 ans à Metz.
Rachida Dati propose de mettre en place une grille d’évaluation des
risques suicidaires chez les mineurs, grille qui devrait être établie par des médecins à leur entrée en maison d’arrêt. Une formation pour prévenir le suicide des mineurs devrait être également plus largement suivie par les surveillants. Un magistrat du parquet devra aussi désormais expliquer au jeune les raisons pour lesquelles il entre en prison.
Depuis le début de l’année, 87 suicides se sont produits en prison soit une progression d’environ 18 % par rapport à l’année dernière selon l’Observatoire international des prisons.
Les rares mesures apportées par la
Garde des Sceaux n’ont convaincu personne, cette « grille d’évaluation » ne pouvant qu’apporter une réponse positive à la question posée relative au risque suicidaire : aucun médecin en effet ne pourrait affirmer que le risque zéro n’existe pas. Ainsi l’OIP a déploré « qu’aucune stratégie spécifique n’ait été mise en œuvre à ce jour, alors même que la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme avait demandé, dès décembre 2004, qu’une étude comparative soit réalisée pour mesurer précisément les spécificités du phénomène de suicide des mineurs détenus. »

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