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Les cadavres de 60 migrants africains, morts au cours de la traversée et ont été retrouvés ce week-end, sur une plage dans le sud du Yémen, a annoncé, lundi l'ONG française,
Médecins sans Frontières (MSF), dans un communiqué.
Les humanitaires ont parlé à des survivants de deux groupes de migrants, qui ont raconté ce qui s'était passé. Parti de Bosasso, en
Somalie, deux jours plus tôt, fuyant la guerre et l'extrême pauvreté du pays, un premier groupe a été jeté à l'eau à l'approche des rives yéménites par les passeurs. un rescapé raconte, je le cite, « Lorsque nous approchions des côtes à 20 h 00, les passeurs ont repéré des lumières à terre. De peur d'être surpris par les garde-côtes, ils nous ont poussés à la mer alors que les eaux étaient profondes. Plusieurs personnes ne savaient pas nager et se sont noyées ». Une femme enceinte de 8 mois, a été grièvement blessée par le gouvernail du bateau qui l'a happée quand elle a été jetée par-dessus bord, cette dernière avait plus de quatre fractures à la jambe et était dans un état critique lorsque l'équipe de MSF l'a trouvée.
L'embarcation du second groupe, des Somaliens et des Ethiopiens dont on ignorait d'où ils étaient partis, a fait naufrage. Vingt-trois passagers sont morts. Saïd, un employé de MSF, a décrit la scène , « Le bateau pratiquement retourné était coincé dans le sable, non loin de la plage. Les pêcheurs étaient en train de chercher les survivants en dessous, mais n'y arrivaient pas. J'ai donc dû plonger. J'ai réussi à atteindre la coque et, grâce à Dieu, nous avons pu mettre hors de danger deux femmes et un homme. Malheureusement, deux autres personnes étaient déjà mortes »
Depuis début septembre 2008, 114 personnes ont été retrouvées mortes dans la région d'Abyan. Ces chiffres ne prennent pas en compte les corps emportés par la mer, ni ceux inhumés dans l'anonymat, par les pêcheurs.
Francis Coteur, de MSF-Yémen vient de dire, à ce sujet, je le cite,
« On a porté une grande attention ces derniers temps à la question de la pirateries au large de la Corne de l'Afrique. Malheureusement, on porte beaucoup moins d'attention au drame des réfugiés qui traversent les mêmes eaux dans des conditions atroces ».