Silvio Berlusconi, un avant-goût de sa défense
Silvio Berlusconi doit comparaître dès le 16 novembre devant ses juges pour fraude fiscale et fausses écritures en bilan. En effet, son immunité « accordée » par le parlement italien a été levée pour le Conseil constitutionnel.
Silvio Berlusconi s’est déjà attaché à préparer sa défense en s’attaquant aux juges italiens. Ainsi, a-t-il déclaré mardi 27 octobre : « La véritable anomalie italienne, ce n'est pas Silvio Berlusconi mais les procureurs communistes et les juges communistes de Milan qui l'ont attaqué encore et encore depuis qu'il est entré en politique et il a décidé d'attaquer le pouvoir des communistes »…
Il faut dire qu’il est mal parti Berlusconi puisque l’avocat britannique David Mills a été jugé coupable d’avoir reçu en 1997 une commission occulte de Berlusconi pour faire des faux témoignages et la peine est lourde : 4 ans et ½ de prison !
Poursuivant ses déclarations « à la Alain Delon », Berlusconi s’est posé en victime des juges italiens : « Silvio Berlusconi est-il vraiment l'homme d'affaires le plus criminel dans l'histoire du monde ? »… Car après l’annonce de la peine de David Mills, Antonio Di Pietro, député de l’opposition et bien connu pour être un ancien magistrat anticorruption, a demandé la démission de Berlusconi.
En outre, se faire traiter de « robes rouges » en référence au communisme, n’est pas pour plaire aux magistrats comme l’a indiqué le juge Alfredo Robledo : « Si nos robes sont rouges, c'est à cause du sang que certains ont versé pour défendre la loi »…
Après la levée de son immunité, Silvio Berlusconi doit maintenant faire face à la justice italienne dans plusieurs procès pour corruption, et même s’il n’est pas obligé d’y assister, Berlusconi entend bien se défendre avec sa verve habituelle car la loi italienne autorise au prévenu de faire des déclarations spontanées, procédé qu’utilise souvent Berlusconi pour se sortir d’un mauvais pas.
Mais, cette fois, les choses semblent être plus difficiles pour le Président du conseil italien car sa popularité, même si elle est encore élevée, a bien chuté depuis le début de l’année suite aux différents scandales qui ont éclaboussé sa vie privée… Désormais, selon le « Corriere della Serra », 44 % des Italiens soutiennent l’action du gouvernement contre 54 % en janvier. Ces chiffres ont été contestés par Berlusconi qui avancent ceux publiés par ses propres études (54 % d’opinions positives sur lui-même et 68 % pour le gouvernement)…
…Bref, le milliardaire Silvio Berlusconi semble bien mal parti mais le tempérament du Cavaliere promet sans doute de sacrées joutes verbales lors des différents procès qui l’attendent, à commencer par celui qui débute le 16 novembre prochain !

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