Le déficit de la
Sécurité sociale est un vrai casse-tête depuis des années et cela ne s’arrange pas avec la crise car qui dit chômage, dit moins de cotisations, dit déficit en hausse. Pour 2009, ce déficit va atteindre une somme record de 20,1 milliards d’euros soit près du double par rapport à l’année dernière ! Bien sûr, on évoque la conjoncture et selon le directeur adjoint au département des études de l’Observatoire français, Gérard Cornilleau, ce déficit n’exige pas dans l’immédiat une nouvelle politique de santé soit une diminution des dépenses ou une hausse des prélèvements. Alors bien sûr, il faut quand même le combler, la protection sociale en France jouant un rôle déterminant dans la crise en tant que stabilisateur et amortisseur social, ce qui a d’ailleurs évité un plan de relance trop important à l’image des Etats-Unis où la protection sociale est très faible. La solution serait donc l’emprunt tout en continuant la chasse aux gaspillages avec notamment une surveillance accrue sur les arrêts de travail de complaisance. Maîtriser les dépenses, voilà donc
Roselyne Bachelot qui monte à nouveau au créneau ainsi qu’Eric Woerth, ministre du budget. Cela dit, il ne faut pas non plus sous-estimer le rôle d’amortisseur économique de la Sécu car comme ses dépenses poursuivent leur ascension, elle n’ajoute pas à la récession économique. Par effet de vases communicants, si les dépenses de santé baissaient, la récession augmenterait donc le chômage augmenterait encore plus… Ce serait le serpent qui se mord la queue ! En tout cas, selon Gérard Cornilleau, il ne faudrait surtout pas se tromper de cible : la situation est grave car la crise économique est grave et c’est à elle qu’il faut s’attaquer en priorité. Evoquer les abus dans les arrêts maladie et faire la chasse au gaspi peut être en soi une mauvaise interprétation de la situation car selon Gérard Cornilleau dans un entretien accordé au Monde « les indemnités journalières ont tendance à augmenter quand l’activité économique est sur une pente favorable et à baisser quand l’activité économique est moins favorable ». Cela peut donc signifier que les gens se soignent moins en période de crise… Selon lui, la situation des arrêts maladie ne seraient pas pires en réalité qu’auparavant mais l’on constate des arrêts plus longs et plus fréquents chez les personnes les plus âgées. Cette hausse des arrêts maladie serait donc due au simple vieillissement de la population… Augmenter les contrôles ne serait donc, selon lui, guère efficace même si cela doit être fait…
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