Il fallait bien moultes affaires sanitaires pour que le Président de la République se déplace à Strasbourg pour ses vœux au personnel hospitalier. Il a été ainsi reçu dans le nouvel hôpital de Strasbourg pour tenter de rassurer les personnels de santé, tandis qu’une petite manifestation avait lieu, ses membres espérant l’interpeller au passage.
Nicolas Sarkozy a donc fait un discours, en lisant soigneusement ses notes devant les caméras. Le système hospitalier est, selon lui, « l’un des meilleurs du monde » mais il doit être « mieux organisé, plus efficace, plus concentré sur le service qu’il doit rendre à la population ». Se faisant l’écho de
Roselyne Bachelot, il a ensuite déclaré « Ce n’est pas en demandant toujours plus de moyens que nous améliorerons la situation ». Or, les moyens, c’est justement le plaidoyer des syndicats et notamment de l’Amuf, association des urgentistes.
Nicolas Sarkozy a mis en exergue le fait que l’assurance maladie avait augmenté ses dépenses à hauteur de plus de 50 % en ce qui concerne le secteur hospitalier en dix ans. Il s’agit donc d’un argument faire-valoir pour le gouvernement qui est sensé ne pas rester les bras ballants.
Lors de cette réunion, plusieurs personnes ont pu s’exprimer pour évoquer les difficultés que rencontrait le personnel médical avec 30 patients pour une infirmière et le non-remplacement des personnels.
Point rassurant de ce discours : Nicolas Sarkozy a affirmé que les morts accidentelles récentes allaient faire l’objet d’un examen duquel toutes les leçons en seraient tirées tout en affirmant que « ces drames exceptionnels ne sauraient remettre en cause la confiance que la Nation porte à l’hôpital et à ses personnels ».
Une mission, encore une, a été confiée au professeur Jacques Marescaux, chirurgien, pour ne « rien laisser dans l’ombre ».
Tandis que le Chef de l’Etat déclarait « J’entends bien vos inquiétudes », une centaine de personnes manifestaient aux cris de « hôpital en colère ».
Regrouper les hôpitaux et les tâches, réorganiser les services mais sans moyens supplémentaires, voilà ce qui résulte au final de cette déclaration qui, par ailleurs, a félicité les infirmières et les médecins pour leur travail quotidien.
Rien de nouveau donc sous ce soleil froid de janvier pour le personnel hospitalier. Une réforme, oui, des moyens supplémentaires non.