Yildune Lévy, compagne de Julien Coupat, a été remise en liberté sous contrôle judiciaire hier vendredi. Julien Coupat, quant à lui, soupçonné d’être la tête d’un réseau qui s’était attaqué aux caténaires de la SNCF, demeure encore sous les barreaux.C’est la cour d’appel de Paris qui a ordonné la remise en liberté de Yildune Lévy. Parallèlement, un juge des libertés a rejeté la demande de remise en liberté de Julien Coupat. Son avocate a fait appel. Le Parquet avait déjà utilisé un « référé-détention » une première fois pour empêcher sa sortie de prison.
André Vallini, ex-secrétaire national du PS à la Justice qui avait présidé la commission parlementaire sur l’affaire d’Outreau, s’est insurgé de ce maintien en détention. Cela montre que « le principe de notre procédure pénale qui veut que la liberté soit la règle et la détention l’exception, est violé chaque jour et la présomption d’innocence est aujourd’hui plus que jamais bafouée dans notre pays ».
Il met également en cause les services de police qui auraient « de plus en plus de mal à établir les charges qui pourraient être retenues contre Julien Coupat et Ylldune Lévy ». Il faut dire que l’affaire date déjà de trois mois. Le parquet et la police affirment s’appuyer sur des indices précis : le 7 novembre au soir, Julien Coupat et Yildune Lévy, surveillés par la police depuis plusieurs semaines, auraient été localisés la nuit près du réseau TGV-Est, entre 23 h 40 et 4 h du matin, à l’endroit justement où la ligne a été endommagée une heure plus tard par le passage d’un train à cause d’une caténaire piégée.
Selon André Vallini : « Les décisions des juges du siège se succèdent et se contredisent et le parquet semble recevoir ses instructions du ministère de l’Intérieur autant que du ministère de la Justice ».
Ce dossier fait désormais l’objet d’une controverse politique. En effet, les proches des accusés aidés par des organisations de gauche, estiment que ce dossier a été monté par le pouvoir et les services de l’antiterrorisme qui affirment avoir démantelé « un groupuscule violent de l’ultra-gauche ».
Dans le monde judicaire, l’affaire fait aussi débat, le syndicat de la magistrature ayant dénoncé une « instrumentalisation » de la Justice, démarche exceptionnelle critiquée par le juge d’instruction en charge de ce dossier, Thierry Fragnoli.

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