Un enfant de trois ans est décédé mercredi soir à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris. Admis pour une angine, une infirmière lui a injecté par erreur du chlorure de magnésium en changeant sa perfusion qui contenait des vitamines.
L’infirmière a reconnu s’être trompé et ce geste pourrait avoir été fatal car le chlorure de magnésium peut être dangereux à haute dose.
Après avoir été placée en garde-à-vue, l’infirmière pourrait être présentée à un juge d’instruction pour « homicide involontaire ».
Le père de l’enfant reproche à l’hôpital de ne pas être intervenu assez rapidement pour éviter le pire et son oncle exige que « tous les responsables soient punis ». Alors que le père de l’enfant cherchait désespérément du secours, personne n’était disponible à l’hôpital. Les infirmiers, une fois arrivés, lui ont dit « arrêtez de vous affoler, Monsieur, votre fils n’a rien ». Finalement, quand ils vu la gravité de l’état de l’enfant, ils ont appelé des médecins tandis que le père tentait de faire des réanimations cardiaques à son fils qui était déjà mort.
L’oncle du petit a estimé que l’infirmière n’est pas la seule responsable : « je ne veux pas de bouc-émissaire, je veux que tous les responsables soient punis ».
Patrick Pelloux, président du syndicat des médecins urgentistes, l’Amuf, s’est exprimé sur cette affaire. Il a demandé la démission de
Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé. S’il pense bien sûr au drame qui frappe la famille, il a ajouté « l’infirmière a fait son job, elle s’est trompée, c’est une erreur ».
Il a aussi mis l’accent sur les problèmes d’effectifs considérables et début décembre, une grève avait été entamée pour attirer l’attention sur le manque de crédits de l’hôpital « pouvant mettre en danger la sécurité des patients ».
Il a ajouté « L’affaire de Saint-Vincent de Paul fait suite au drame de Grenoble où un malade mental s’est échappé d’un hôpital » pour ensuite poignarder un étudiant mortellement. Le directeur de l’hôpital psychiatrique a par la suite été « en quelque sorte limogé ».
Il a encore évoqué l’affaire de Valence dans laquelle un médecin avait été accusé injustement d’avoir provoqué la mort d’une vieille dame.
Ce drame met une fois de plus l’accent sur le manque de moyens et d’effectifs dans les hôpitaux.