Nouveau coup de théâtre dans l’affaire de l’évêque négationniste. Le 24 janvier, le Pape avait levé l’excommunication de quatre évêques intégristes dont celle de Richard Williamson qui avait nié l’existence des chambres à gaz. Il persiste dans ces propos dans une interview qui va paraître demain dans Le Spiegel. Il a ainsi déclaré : « Si je trouve des preuves, il est question de preuves historiques, pas d’émotions, je reviendrai sur mes propos. Mais tout cela prendra du temps (…) Toute ma vie, j’ai toujours cherché la vérité (…) Je suis convaincu de la justesse de mes déclarations sur la base de mes recherches dans les années 1980. ».
Mais qui est donc Richard Williamson pour provoquer un tel débat ? Cet homme est né le 8 mars 1940 en Angleterre dans une famille anglicane. Il va suivre des études de littérature et sortir diplômé de la célèbre université de Cambridge puis va enseigner le Français au Ghana durant plusieurs années, de 1963 à 1965. Richard Williamson va choisir de se convertir au catholicisme en 1971. Il envisage alors de devenir prêtre diocésain et passe par la congrégation de l’Oratoire, une société de vie apostolique sans vœux catholiques qui prône la vie en commun, la prédication et l’enseignement. Finalement, il va entrer au séminaire d’Ecône en Suisse, séminaire international de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X fondé par Monseigneur Marcel Lefebvre cette même année (c’est d’ailleurs là qu’il repose depuis sa mort en 1991). Richard Williamson va y être ordonné prêtre en 1976 et va y enseigner notamment la métaphysique de Saint Thomas d’Aquin. En 1983, Williamson devint le directeur du séminaire Saint-Thomas-d’Aquin qui va être transféré à Ridgefield au Connecticut et à Winona dans le Minnesota. Monseigneur Lefebvre ayant choisi l’intégrisme et le schisme va consacrer Richard Nelson Williamson évêque le 30 juin 1988 ce qui provoquera son excommunication et celle de ses quatre évêques. Après 1988, Richard Williamson demeure le directeur du séminaire Saint-Thomas d’Aquin et exerce en tant qu’évêque (confirmation, ordination de prêtres) et depuis 2003, il est le directeur du séminaire de La Reja en Argentine.
Il va faire parler de lui dès avril 1989 au Québec en niant la Shoah. Puis il va recommencer le 1er novembre 2008 en Bavière lors d’un entretien accordé à un journaliste suédois suite à l’ordination du premier diacre suédois. Finalement un autre entretien est diffusé le 21 janvier 2009 par la chaîne de télévision suédoise SVT : « Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (…) Je pense que 200 000 à 300 000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz ». Le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, Bernard Fellay, s’est complètement désolidarisé de Richard Williamson en envoyant une lettre d’excuse au Pape Benoît XVI le 28 janvier.
Et voilà qu’il refuse à nouveau de retirer ses propos malgré la précision du Pape : « Pour être admis aux fonctions épiscopales de l’Eglise, l’évêque Williamson doit sans aucune équivoque et publiquement prendre ses distances avec ses positions concernant la Shoah ».
Aucun regret, aucune excuse, rien qu’une position absurde et abjecte qui fait offense non seulement à la mémoire des millions de Juifs exterminés, à leurs familles, mais au monde entier et à l’Histoire. Il se dit même étonné de l’ampleur de la polémique que ces propos ont engendrée !
En tout cas, s’il croit au Paradis, Richard Williamson n’est pas là de l’atteindre… Désormais, des millions de catholiques ne comprendraient pas que le Pape s’entête à poursuivre un tel dialogue…
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