La commande de 36
avions Rafale pour environ 5 milliards d’euros, ramenée dans les valises de Nicolas Sarkozy suite à son voyage au Brésil, est une première pour l’avion de Dassault qui peinait à se vendre. Sur le site de Libération, l’on peut lire une interview accordée par Eric Trappier, directeur général international de Dassault qui était au cœur des négociations. Pour l’instant, il s’agit juste d’une déclaration commune du président Sarkozy et du président Lula. Les discussions avec le Brésil duraient depuis 8 ans et selon Eric Trappier : « Ce qui a fait la différence c’est l’engagement du président de la République dans cette affaire, qui a créé une véritable « war room » avec l’amiral Guillaud, son chef d’état-major particulier, les grands services de l’Etat et les industriels ».
Officiellement, la compétition avec le F18 américain et le Gripen suédois est donc terminée. Quant à la négociation sur le contrat lui-même, elle devrait prendre entre 6 et 9 mois. Le Rafale livré sera sensiblement le même que celui qui sert dans l’armée de l’air française avec quelques petites adaptations pour correspondre aux désirs des Brésiliens. Il faudra par exemple un avion bimoteur pour survoler sans problèmes l’immense étendue de l’Amazonie. Quant à la construction des Rafale, une partie pourrait être effectuée au Brésil, la France acceptant d’exporter sa technologie et ses méthodes de fabrication… Cela est encore en cours de discussion car il faut que les industriels brésiliens soient au point mais Eric Trappier affirme : « Tout ne sera pas fabriqué là-bas. On estime que ce contrat représente 6 000 emplois en France, pas seulement chez Dassault, mais également chez Safran, Thalès et dans les PME. Au Brésil, on parle de 3 000 emplois ».
36 Rafale, ce ne serait que le premier stade car le Brésil compte lancer un appel d’offres pour 3 fois 36 avions et de même, dans ces accords, il sera possible que le Brésil exporte lui-même ses avions en Amérique latine.
L’autre partie de l’annonce est l’engagement de la France à acheter une douzaine de KC-390 d’Embraer au Brésil. Il s’agit d’un futur avion destiné au transport militaire tactique. Eric Trappier a déclaré : « Il faut bien comprendre que ce qui lie la France et le Brésil est un partenariat stratégique. Il faut qu’il y ait un équilibre des intérêts, que les choses fonctionnent dans les deux sens. Dassault a proposé ses services au Brésil. L’industrie française a tout intérêt à s’embarquer dans ce programme sur le long terme ». Reste que ce KC-390 est encore virtuel puisque le programme n’a été lancé qu’en 2008 et que l’avion devrait être opérationnel en 2015. Il devrait être nettement plus important qu’un Transall (72 tonnes contre 51 tonnes) et devrait pouvoir être ravitaillé en vol en transportant au maximum 19 tonnes. Là encore, Dassault devrait aider Embraer dont il est actionnaire minoritaire, à développer cet avion gigantesque…

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