Nicolas Sarkozy a dévoilé hier son plan d’emploi pour les jeunes avec la promesse d’un versement de 1,3 milliard d’euros pour aider à l’emploi et à la formation de 500 000 jeunes. Le Medef s’est réjoui du fait que l’accent soit mis sur la formation en alternance mais à gauche, on critique en dénonçant un manque de mesure nouvelle et un plan qui « recycle des mesures existantes qui ont fait la preuve de leur faible efficacité depuis 2002 ».
Ce plan d’urgence a pour objectif de faciliter la formation ou l’embauche de 700 000 jeunes d’ici un an.
- Il prévoit 320 000 contrats d’apprentissage en un an avec exemption de toute charge pour les entreprises pendant un an pour celles qui vont recruter un jeune en apprentissage avant le 30 juin 2010. Pour ceux qui ont rompu leur contrat en cours, un programme va être mis en œuvre pour trouver un nouveau chef d’entreprise.
- Le plan prévoit aussi 170 000 contrats de professionnalisation en un an : les entreprises qui vont embaucher un jeune de moins de 26 ans en contrat de professionnalisation vont bénéficier de 1 000 euros et de 2 000 euros si le postulant n’a pas le bac. La nouvelle structure « Pôle Emploi » est chargée de placer 25 000 jeunes dans ce type de contrat en nommant 400 référents dans toute la France.
- Le PDG de Veolia Environnement, Henri Proglio, est chargé de promouvoir la formation en alternance auprès des entreprises.
- 50 000 contrats d’accompagnement de la formation seront signés en 2009 pour aider les jeunes non qualifiés et déscolarisés, ne pouvant donc bénéficier d’un contrat en alternance classique. On y trouvera des formations qualifiantes et rémunérées axées vers des débouchés porteurs d’emplois.
- Les stagiaires de plus de deux mois vont être rémunérés 400 euros par mois et les entreprises qui vont recruter un stagiaire en CDI avant fin septembre auront une prime de 3 000 euros.
- L’Etat va financer 50 000 contrats initiative emploi de plus pour les jeunes éloignés de l’emploi qui seront embauchés en CDI ou en CDD de deux ans.
- 50 000 contrats d’accompagnement dans l’emploi destinés aux collectivités locales seront financés à 90 % durant un an par l’Etat dans des emplois aux « compétences transférables » dans le privé (petite enfance, informatique, communication, etc.). Là encore, c’est Pôle Emploi qui devra s’en charger.
Le Parti socialiste et le Mouvement des Jeunes Socialistes dénoncent dans un communiqué un retour à la case départ puisque dans le budget 2009 « le gouvernement avait retiré 200 millions d’euros aux crédits alloués aux contrats de professionnalisation ». En outre, ils mettent en cause les capacités de Pôle Emploi, déjà débordé, à s’occuper de ces nouvelles tâches. De plus, ils dénoncent un « formidable effet d’aubaine pour les entreprises » avec les primes pour les stagiaires, l’apprentissage et les contrats de formation… De fait, au lieu d’embaucher, les entreprises préfèreront les stages et la formation.
L’UNEF, organisation étudiante, se montre également déçue, évoquant un plan « ni ambitieux, ni efficace et qui ne répond pas à la gravité de la situation du chômage des jeunes dans le contexte de crise que l’on connaît ». Pire encore « il ne sort pas de l’idée selon laquelle il faut dédommager les entreprises qui embauchent les jeunes alors qu’il y avait besoin d’une rupture avec cette idée selon laquelle les jeunes sont une charge et des sous-salariés ».
Les syndicats ne sont pas plus satisfaits en estimant qu’il s’agit d’une réponse conjoncturelle et que le financement demeure « une zone d’ombre » selon la
CFDT. La
CGT va plus loin : « aider les jeunes ne peut se résumer à aider les patrons ». Elle regrette l’absence de contrepartie en termes d’embauche. Même s’il s’agit « d’un espoir pour eux », ce plan reprend les mêmes dispositifs qu’avant.
Rappelons que fin 2008, 20,4 % des 15-24 ans étaient au chômage et que ceux qui travaillent cumulent les CDD et les périodes de chômage avant d’avoir vraiment un emploi stable.