Plan cancer 2009-2013
Nicolas Sarkozy avait décidé de s’attaquer au cancer et à la maladie d’Alzheimer durant sa campagne électorale. Voilà qui semble être fait ou tout au moins annoncé avec « le plan Cancer 2009-2013 ». Ce plan cancer va être budgété pour 732 millions d’euros pour appliquer un dispositif résumé en trente points. Cela dit, le premier « plan cancer » a été élaboré à la demande de Jacques Chirac en l’an 2000 et ce plan, baptisé « Gillot-Kouchner » avait pu apporter des avancées non négligeables par rapport à la prise en charge des malades et des familles.
Nicolas Sarkozy a, en priorité, voulu attirer l’attention sur les inégalités face au cancer et ce n’est un secret pour personne, le cancer frappe plus les personnes vivant de façon précaire et il frappe plus souvent encore les personnes vivant dans les régions du Nord que celles qui vivent au soleil dans le Sud. D’autres régions manquent d’installations de dépistage, de soins et de prises en charge ce qui ne s’est pas amélioré avec la loi Bachelot sur les hôpitaux. Il y a donc une belle contradiction avec ce discours pour « la santé pour tous » et sur les disparités géographiques ! Le nombre d’IRM par région était à revoir et, selon Nicolas Sarkozy « 74 machines supplémentaires seront installées d’ici 2013, dont 39 dans les dix régions où la mortalité par cancer est la plus élevée »… voilà déjà un calcul qui ne fonctionne pas ! Puisque, si l’on compte bien, la moitié des IRM ira à la moitié des régions les plus touchées ? Et où sera donc l’urgence de soigner des populations les plus pauvres et les plus exposées ?
Dans le plan cancer 2009-2013, le quart du budget sera attribué à la prévention et le Chef de l’Etat a souhaité que « d’ici à 2013, la participation aux dépistages organisés du cancer du sein et du colon doit augmenter de 15 % » mais sur une base nationale, alors que l’urgence doit aller pour l’effort de prévention aux régions défavorisées. Et d’ailleurs, qu’est-ce-que ça veut dire puisque le dépistage n’est pas obligatoire ? Chacun sait là aussi que ce sont les ménages les plus riches qui se font dépister alors que les familles pauvres rechignent à le faire…
Nicolas Sarkozy souhaite aussi la création d’un « observatoire sociétal des cancers »… Ca veut dire quoi ? Nul ne sait car il existe déjà un observatoire national du cancer ? Peut-être est-ce une nouvelle forme d’étude qui viendrait s’empiler sur les autres, tant il est vrai que chacun sait maintenant qu’il vaut mieux vivre riche à Marseille que vivre pauvre dans le Nord… Cette évidence mérite-t-elle la création d’une nouvelle entité psychologique et sociologique ?
Le Chef de l’Etat souhaite aussi mettre en place cinq sites de recherche pluridisciplinaires reconnus et labellisés pour que les chercheurs puissent travailler sur l’immunologie, l’environnement ou encore la toxicologie. Cela n’est pas nouveau car déjà, 5 000 chercheurs planchent sur le cancer en France… Mais nouveauté ! Le plan cancer 2009-2013 prévoit une augmentation des essais cliniques de 50 % avec une participation des malades devenus cobbayes. Autre problèmatique, l’accès aux soins et là, l’ambition est très grande puisque 80 % des malades du cancer devraient avoir un programme de soins personnalisé (financé par qui ? Comment ? Nul ne sait).
Autre point qui devrait être abordé : les risques professionnels car entre 2,3 et 5 millions de salariés seraient exposés à des substances dangereuses, entre 5 000 et 10 000 nouveaux cas de personnes atteintes du cancer sur leur lieu de travail étant répertoriées chaque année.
Bref, le plan cancer 2009-2013 ne satisfait véritablement personne, certainement pas les patients dont on a supprimé l’hôpital de proximité et certainement pas non plus les salariés victimes de l’amiante par exemple ou de peintures à base de plomb… Tout comme il coûte plus cher de se chauffer dans le Nord, il semble que se soigner soit impossible pour de nombreux individus qui n’ont, en face d’eux, que des médecins généralistes peu formés pour répondre aux questions soulevées par le cancer…