Voilà une personne dont le nom fait polémique aujourd’hui et qui était jusqu’à présent complètement inconnue du grand public.
François Pérol est né en 1963 au Creusot. Il multiplie les diplômes puisqu’il a fait HEC, l’IEP de Paris et qu’il est également sorti premier de l’ENA, promotion Jean Monnet en 1990. De fait, il a pu intégrer l’Inspection générale des finances. Quatre ans plus tard, François Pérol va être nommé rapporteur et secrétaire général adjoint du Comité interministériel de restructuration industrielle, le CIRI. Il s’agit d’une structure de soutien gouvernemental pour les grandes entreprises en difficulté comptant plus de 400 salariés et sa mission consiste en une médiation entre l’entreprise et ses interlocuteurs. Par la suite, François Pérol va être Chef du bureau des marchés financiers à la direction du Trésor jusqu’en 1999 et secrétaire général du Club de Paris. Il s’agit d’un groupe de créanciers publics dont 19 pays sont des membres permanents et qui a pour vocation d’apporter des solutions aux pays endettés. François Pérol va ensuite être nommé sous-directeur du financement et du développement des entreprises au Trésor en 2001. L’année suivante, il sera directeur adjoint du cabinet de Francis Mer, puis de Nicolas Sarkozy alors Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. En 2005, on le retrouve associé-gérant à la banque Rothschild avant de rejoindre Nicolas Sarkozy en tant que secrétaire général adjoint de l’Elysée. Dans ce cadre, il va s’occuper du processus de fusion entre la
Banque Populaire et la Caisse d’Epargne.
Il va prendre la tête désormais du second groupe bancaire français ce qui provoque une grande polémique. En effet, les deux présidents du directoire de la Caisse d’Epargne et de la Banque populaire ont prévu de démissionner aujourd’hui.
À l’Elysée, on estime qu’il n’y a aucun obstacle à cette nomination, Claude Guéant ayant reçu l’avis du Président de la Commission de déontologie de la fonction publique. Dans cette affaire, ce ne sont donc pas les compétences de François Pérol qui sont remises en cause par les détracteurs de cette nomination. C’est surtout le rôle qu’il a joué dans cette fusion alors qu’il était en poste à l’Elysée. Il y aurait donc conflit d’intérêt d’autant plus que l’Etat pourrait prendre 20 % du nouveau groupe bancaire. D’autre part, selon les termes de la loi, des fonctions d’autorité directe ou de mission de contrôle ou de surveillance empêchent un agent public de rejoindre une entreprise privée dans les trois ans et c’est bien ce que dénoncent les opposants à cette nomination,
François Bayrou en tête. Nombreux sont ceux aussi à dénoncer la main-mise du pouvoir en place sur des pans entiers de l’économie comme en outre sur France Télévisions.

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