Après son séjour au
Cameroun et sa sortie sur les préservatifs,
Benoît XVI a évoqué l’avortement thérapeutique en Angola. Lors d’un discours devant le Président angolais José Eduardo dos Santos, le Pape a évoqué la pauvreté et le combat contre la corruption. La veille, il avait cependant essayé de désamorcer la polémique créée par ses propos sur le préservatif « qui aggrave le sida ». Quoi qu’il en soit, selon un sondage CSA réalisé pour Le Parisien/Aujourd’hui, l’image du Pape s’est fortement dégradée en France : 57 % des Français ont désormais une mauvaise opinion du Pape contre 25 % il y a six mois. Seuls 23 % ont une bonne opinion. Chez les Catholiques aussi, le Pape ne fait plus recette puis que seulement 29 % ont une bonne image de Benoît XVI contre 65 % en septembre. 55 % ont une mauvaise image. Idem chez les Catholiques pratiquants réguliers qui ne sont que 52 % à avoir une bonne opinion du Pape. Ce sondage a été effectué par téléphone, le 18 mars et le 19 mars auprès d’un échantillon de 1 012 personnes, échantillon représentatif de la population française.
Cela dit, lors de son discours en Angola, Benoît XVI a encore provoqué une polémique en abordant l’avortement thérapeutique, soit l’avortement pratiqué lorsque la vie de la maman est en danger : « Combien est amère l’ironie de ceux qui promeuvent l’avortement au rang des soins de la santé des mamans ! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive ». Il a ainsi fait référence au Protocole de Maputo qui est adopté depuis 2003 par l’Union africaine. L’article 14 demande en effet aux gouvernements d’autoriser « l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ».
Cela rappelle dernièrement le scandale provoqué par l’excommunication de la maman d’une fillette de 9 ans, obligée d’avorter suite à un viol alors qu’elle portait des jumeaux. Le personnel médical avait aussi été excommunié alors que rien n’était prévu pour le violeur…
Hier, face à toutes les réactions négatives qui ont suivi les différents propos du Pape, le journal du Vatican, l’Osservatore Romano, avait accusé les médias d’avoir « polémiqué jusqu’à insulter » Benoît XVI.
Il est vrai que désormais, chaque parole papale est décortiquée et analysée pour mettre l’accent sur tout dérapage qui pourrait être dangereux pour la vie elle-même comme sa sortie sur le préservatif…

Il n'y a pas encore de commentaires pour cette dépêche.
Tous les commentaires sont soumis à modération (ceux abrégés en SMS seront supprimés).
Ne vous inquiétez donc pas si ceux-ci ne s'affichent pas instantanément.