Décidemment, le
Pape Benoît XVI n’en loupe pas une pour déclencher les foudres dans le monde ou même chez les Catholiques pratiquants ou pas ! Depuis le début de son pontificat en avril 2005, ses déclarations ont eu pour conséquences des scandales ou des tergiversations à n’en plus finir. Ce théologien et défenseurs des doctrines avait pour lourde tâche de succéder au Pape le plus populaire qui fut, Jean-Paul II.
Benoît XVI était auparavant cardinal et préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi mais aussi l’un des dicastères de la curie romaine que l’on nommait jadis le Saint-Office ou précédemment encore l’Inquisition. Or, ses détracteurs l’ont accusé d’avoir mené une politique répressive au lieu d’une politique d’ouverture et de tolérance. C’est ainsi qu’il a condamné quelques Catholiques importants mais aussi quelques théologiens de la libération de renom ce qui avait provoqué une grande consternation au sein des théologiens catholiques pour qui il paraissait opposé à la modernité. Le cardinal allemand Ratzinger se fait connaître à Lyon et à Paris en 1983 pour son opposition à la suppression du catéchisme traditionnel et à la nouvelle catéchèse. Il s’oppose également à la théologie de la libération considérée comme une infiltration marxiste, cette théologie désirant lutter près des plus pauvres pour améliorer leurs conditions matérielles. Refus de la contraception, célibat des prêtres, impossibilité pour une femme d’être prêtre, condamnation de l’insémination artificielle et de la fécondation in vitro… Toutes ses positions auront toujours été très conservatrices… Dans sa déclaration Dominus Iesus d’août 2000, il prend le contre-pied de la déclaration conjointe co-signée par le Saint-Siège et la Fédération luthérienne mondiale en affirmant la supériorité du catholicisme sur le protestantisme… Il se positionne par contre, contre la guerre en Irak en 2003 lors d’une interview. Il soutient également Jean-Paul II contre les évêques allemands, quand ce dernier veut faire fermer les centres de « conseil pour les grossesses conflictuelles » en 1990, ces centres étant gérés par l’Eglise catholique allemande.
Elu Pape à l’âge de 78 ans (pape le plus âgé depuis Clément XII en 1730), Benoît XVI va choquer les Musulmans le 12 septembre 2006 en lisant un discours qui cite l’empereur byzantin Manuel II Paléologue : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que des choses méchantes et inhumaines comme son ordre de diffuser par les moyens de l’épée la foi qu’il professait ». En 2007, il ne reçoit pas le Dalaï Lama au Vatican suite aux pressions exercées par les Chinois.
Tout récemment, il a défrayé la chronique en voulant réintégrer l’évêque négationniste Williamson et en soutenant l’évêque brélisien qui avait excommunié la mère d’une petite fille violée et qui avait avorté de jumeaux.
Hier, c’est une nouvelle déclaration de Benoît XVI qui soulève encore des polémiques, voire une certaine inquiétude. Lors de son voyage en avion vers Yaoundé au Cameroun, il a donné sa position sur le préservatif : « on ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire, leur utilisation aggrave le problème »… C’est un comble quand on sait que le sida ravage le continent africain !
La France a réagi par le biais du ministère des Affaires étrangères en évoquant une « très vive inquiétude devant les conséquences pour la lutte contre le sida, des propos du pape Benoît XVI contre l’usage du préservatif ».
C’est on ne peut plus grave en effet quand on sait l’ampleur de la pandémie mais aussi quand on apprend que le nombre de fidèles catholiques a encore augmenté de 3 % en 2007 et que près de la moitié des baptêmes de croyants adultes se déroule sur le continent africain, grâce à une église particulièrement dynamique sur place !

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