On attendait le retour de « la femme chocolat », la Carcassonnaise d’origine espagnole qui a grandi à Marseillette. La voici à nouveau sous les feux de la rampe avec son troisième album « Miss Météores » interprété en français, espagnol et anglais. À 29 ans, la brunette
Olivia Ruiz, bonbon acidulé à la Lio, a déjà collaboré avec des grands noms de la chanson, souvent décalés comme l’inénarrable Brigitte Fontaine, la ronde Juliette, le doux rêveur Christophe, les « texteurs » Bénabar,
Cali ou
Vincent Delerme, sans oublier
Tryo, Les Têtes raides, Nér et Biyouna… Et que dire de Juliette Gréco, la muse de Saint-Germain-des-Prés (il n’y a plus d’après), et de sa voix grave que l’on sera ravi d’entendre à nouveau dans « Je me souviens de tout » ?... Un événement dans le monde musical pour un disque qui sortira fin avril. Madame Gréco, qui interpréta délicieusement « Si tu t’imagines » de Raymond Queneau s’il-vous-plaît, qui a chanté
Boris Vian,
Jean-Paul Sartre, qui a fait découvrir
Jacques Brel,
Serge Gainsbourg (avec une « Javanaise » à couper le souffle), Guy Béart et Léo Ferré (excusez du peu), Madame Gréco donc a choisi d’interpréter un titre de la petite Olivia Ruiz. C’est déjà en soi LA référence…
Révélée avec « La Femme chocolat » qui a cartonné en 2007, Olivia Ruiz, dans son troisième album studio, chante le Sud avec humour et tendresse dans des ambiances changeantes. « Miss Météores » la révèle différente et assumant enfin son personnage devenu public : « L’un des fils rouges de Miss Météores, c’est justement la réconciliation avec le personnage public. J’ai toujours caché mes peurs. C’est vrai que je suis déterminée, tenace, obstinée. Mais j’en ai assez de faire celle qui n’a peur de rien ». Elle avoue aimer particulièrement le titre « 6 Mètres », un texte dense interprété avec Christian Olivier des Têtes raides en jouant à la slameuse.
Personnage énigmatique, ayant fait un séjour au
Burkina Faso en sortant un mini-CD avec des rappeurs, CD que l’on peut télécharger gratuitement, Olivia Ruiz a pris conscience des problèmes africains : « C’était mon premier voyage dans un pays avec tant de problèmes. Cela m’a changée. Depuis, j’hésite entre la culpabilité et une espèce de « zénitude » qui ne me quitte plus ». Réaliste, elle ajoute « Alors que le rap est de moins en moins conscient en France, là-bas, c’est une vraie contre-culture ».
« Les Météores », c’est encore un bout de chemin pour Olivia Ruiz : « C’est aussi l’idée de se mettre à la place de l’autre et de dire que, dans une belle histoire empoisonnée par la jalousie, la première victime, c’est le jaloux. Il faut apprendre à décrocher des images d’Epinal du couple avec la pureté, l’absolu »… Pas facile à atteindre comme objectif ! Certains l’adorent, d’autres la qualifient de « sous-Lio », petit phénomène en un temps qui aguichait avec son « Banana Split » mais qui depuis ne fait que « La Nouvelle Star », qui n’a plus rien d’acidulé, ni de pepsi et qui n’a toujours pas de voix…
Déjà, chapeau pour Olivia Ruiz pour avoir la reconnaissance de Juliette Gréco… C’est une victoire en soi contre ses détracteurs !