L’obésité est un problème alarmant dans les pays occidentaux et surtout l’obésité infantile et la publicité en est l’un des grands responsables. En France, la surcharge pondérale atteint 14,5 % des enfants de 3 à 17 ans et près de 3,5 % d’entre eux sont obèses. Ce phénomène ne fait que s’accentuer avec la multiplication des chaînes spécialisées pour enfants.
Un amendement 552 concernant la loi sur l’hôpital prévoyait l’interdiction de la diffusion de la publicité pour les aliments gras et sucrés durant les programmes de télé pour enfants. Cet amendement déposé par les députés stipule que « 45 % des enfants avouent préférer les produits promus à la télévision plutôt que ceux ne bénéficiant d’aucune pub. Les parents sont plus de 80 % à acheter les produits vus à la télévision et réclamés par les enfants ». Pour éviter cette loi, les publicitaires et les diffuseurs se sont mis d’accord pour signer une charte de bonne conduite : ils prévoient en effet de promouvoir une bonne nutrition (un peu dans le style « mangez cinq fruits et légumes par jour et bougez… Comme si ce message avait un impact quelconque ?...) mais sans pour autant limiter les publicités alimentaires. En effet, il faut savoir que les publicités pour les produits alimentaires dans les programmes pour enfants apportent un chiffre d’affaires non négligeable aux chaînes, soit environ 30 % des revenus pour les chaînes spécialisées dans ces programmes. Les fabricants ne sont pas en reste car ils peuvent écouler leurs produits très facilement par ce biais, les jeunes spectateurs étant très réceptifs à ce genre de publicités… Quant au CSA, il estime qu’une loi pourrait avoir pour conséquence « une diminution potentielle de l’offre de programmes jeunesse et une fragilisation du secteur de la production d’animation française ». Et quelques-uns d’applaudir à cette initiative, tant
Roselyne Bachelot que Christine Albanel.
Tout le monde n’est pas du même avis car les associations de consommateurs et des parlementaires considèrent cette charte comme de la poudre aux yeux. Ainsi, Olivier Andrault, responsable des problèmes de nutrition chez UFC-Que Choisir, entend bien continuer de demander une réglementation sévère. En effet, on voit mal nos bambins écouter sagement les leçons de morale du « bien manger, bien bouger » tout en salivant en voyant à la télé telle marque de barre chocolatée ou de bonbons gélifiés accompagnés d’un bon Coca tout frais…
Cette charte ne semble être rien d’autre qu’une belle hypocrisie pour essayer de ne pas faire voter cet amendement.
Enfin, n’oublions pas que si la suppression de la pub concernant les aliments sucrés et gras lors des émissions pour enfants peut certainement avoir un impact sur la consommation et sur la nutrition, d’autres facteurs peuvent intervenir pour lutter contre l’obésité infantile comme une nouvelle promotion du vélo ou de la piscine contre les jeux vidéo. On peut aussi penser à réintroduire des cours de cuisine dès l’école primaire dans le cadre des activités manuelles en expliquant des choses simples aux bambins. Les chaînes pourraient lancer un concept destiné aux enfants comme « un dîner presque parfait » pour adultes et qui fait un carton sur M6, etc.
Quoi qu’il en soit, on voit bien que cette charte de bonne conduite n’est ni plus ni moins qu’une façon déguisée d’essayer de supprimer cet amendement qui est pourtant plein de bon sens et d’utilité publique… Mais le gouvernement semble être plus préoccupé par les chiffres d’affaires des industries agro-alimentaires et des chaînes télé que par l’obésité infantile…

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