Alors que
Nicolas Sarkozy a décidé un retour de la France dans l’OTAN, cette décision devant être officialisée début avril, lors du sommet de Strasbourg, plusieurs voix s’élèvent contre ce projet dont celle de
François Bayrou qui réclame un référendum sur une « décision si grave ». Il a déclaré : « Je le dis à Nicolas Sarkozy : nous ne voulons pas perdre notre indépendance et pas davantage le symbole de notre indépendance ». Le
Général de Gaulle avait décidé de quitter le commandement de l’OTAN en 1966. Or, Nicolas Sarkozy a argumenté samedi à Munich : « le retour dans l’OTAN ne met pas en cause l’indépendance de la France mais la renforce ».
Alors c’est quoi au juste l’OTAN ?
L’OTAN est l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, une organisation politico-militaire qui a été créée le 4 avril 1949 par les signatures du traité de
Bruxelles qui comptait la
Belgique, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada ainsi que cinq autres participants le Danemark, l’Italie, l’Islande, la Norvège, le Portugal. Il fallait en effet à l’époque garantir la défense et la sécurité de l’Europe face à l’Union soviétique. Paris a longtemps été le siège de l’OTAN jusqu’en 1966 quand le Général de Gaulle avait pris la décision de quitter l’organisation. Depuis, le siège se situe à Bruxelles et le commandement militaire est situé à Mons en Belgique. Ce traité militaire stipule entre autres que si l’un des pays signataire était touché par la guerre, les autres devraient intervenir. Cela dit, l’OTAN va permettre aux Etats-Unis d’accroître leur hégémonie sur les pays partenaires et sur le monde. Durant la Guerre froide, les Etats-Unis avaient déployé de nombreuses forces terrestres en Europe. Le Général de Gaulle avait décidé de retirer la France du gouvernement militaire intégré en mars 1966 pour protester contre l’enlisement américain dans la guerre du Vietnam. La France ainsi, se laissait une certaine autonomie quant à ses décisions d’intervention et c’est ainsi qu’elle refusa de participer à la dernière guerre en Irak, le temps lui avait donné raison par la suite car les arguments déployés par G.W.Bush s’étaient avérés complètement faux.
Depuis 2004, l’OTAN compte 26 membres avec l’arrivée de sept nouveaux pays venant de l’ancienne URSS. Son budget était de 1,735 milliard d’euros en 2005 (budget civil, militaire de fonctionnement et militaire d’investissement). Le plus gros contributeur est les Etats-Unis pour près de 30 %, l’Allemagne pour 20 %, le Royaume-Uni pour 11,59 %, l’Italie pour 7,33 % et la France pour 6,40 % soit 110 millions d’euros car depuis le Général de Gaulle la France a un statut particulier. En effet, sa part théorique devrait être de 13 % mais elle est la seule à avoir une sorte de financement à la carte. Soit, elle peut choisir au cas par cas les opérations et les programmes qu’elle veut financer. A l’inverse, les Français ne peuvent répondre aux appels d’offres de l’OTAN.
Tout le problème est donc là… La France pourrait remporter des marchés d’armes mais devrait renoncer à sa politique d’indépendance qui lui a fait choisir de ne pas entrer dans des conflits soit risqués, soit inutiles pour obéir, comme les autres, à la politique étrangère américaine. La France, membre de fondateur de l’OTAN reste toujours membre de l’Alliance Atlantique mais elle n’est pas membre de la structure militaire intégrée. Jacques Chirac avait un peu modifié la donne en autorisant un représentant français au comité militaire en 1996.
En redevenant membre à part entière de l’OTAN, François Bayrou craint l’hégémonie américaine ; « Avec les Etats-Unis, nous sommes alliés mais nous ne sommes pas alignés. Nous sommes indépendants. La marque de cette indépendance, celle que nous avons préservée, c’est de n’être point lié à l’intérieur du commandement intégré de l’OTAN. Quand on est intégré, on ne compte plus ».
Cette question est donc épineuse et actuelle car l’on sait que
Barack Obama veut augmenter ses troupes en Afghanistan. Il sera sans doute demandé la même chose à tous les membres de l’OTAN…