Après avoir communiqué sur la prochaine ouverture d’une antenne à
Rabat, l’association Ni Putes Ni Soumises n’est finalement pas la bienvenue au Maroc. Le ministère de l’Intérieur marocain a en effet posé une interdiction par anticipation d’une antenne de l’association française.
Dans le communiqué, il est stipulé : « La démarche de cette association qui accomplit par ailleurs un travail respectable en France, ne correspond pas à l’approche
adoptée au Maroc pour le traitement des questions en relation avec le statut de la femme ». Aucune démarche d’implantation d’un bureau n’avait été faite mais le Ministère a déjà prévenu : « En conformité avec la loi, les autorités ne donneront pas suite à la création d’un tel bureau si la demande venait à être faite ».
L’association Ni Putes Ni Soumises a des contacts au Maroc depuis longtemps avec d’autres associations sur place et si la présidente Siham Habchi s’est montrée surprise de cette décision, elle semble justement mettre en cause ces associations comme elle l’a déclaré au journal Aujourd’hui le Maroc : « Je pense que derrière cette décision du ministère de l’Intérieur, il y a des associations féministes pétries dans leur archaïsme et trop occupées dans la gestion de leurs propres privilèges », selon afrik.com. Pourtant, les associations sur place ont exprimé leur désaccord et leur surprise face à la décision du Ministère de l’Intérieur même si ce qui bloque un peu, c’est l’appellation choisie par l’association française, le nom « Ni Putes Ni Soumises » ne correspondant pas aux spécificités du Maroc et étant jugé provocant.
En outre, les associations marocaines auraient préféré une intervention de NPNS sous la forme d’un partenariat avec les organisations locales qui connaissent vraiment le terrain. Deux associations s’occupent déjà des droits des femmes au Maroc : l’Association Démocratique des Femmes du Maroc et la Ligue Démocratique pour les Droits des Femmes. La première s’est exprimée par la voix de Rabea Naciri : « Je n’ai jamais vu ça, c’est inacceptable (..) Toute association a le droit d’exister selon les lois en vigueur au Maroc ». Pour la seconde, Fouzia Assouli, la Présidente, a déclaré que cette décision « remettait en cause la Constitution ».
Cependant Ni Putes Ni Soumises va tenter de continuer ses actions notamment lors du rallye automobile 4L Trophy où l’association a sponsorisé deux jeunes polytechniciennes, une Française et une Marocaine.
Des contacts seraient également en cours avec des organisations locales de défense des droits de la femme en Algérie, en Arabie Saoudite et en Afghanistan. L’association devrait être nommée « Shahrazad pour le respect des femmes » d’après le nom de la jeune fille brûlée vive en 2005 par son ex-petit ami pour avoir refusé de l’épouser.

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