À la mort d’Hassan II le 23 juillet 1999 lui succédait le même jour son fils Mohammed VI, 35 ans. Beaucoup moins rétrograde que son père, le nouveau roi du Maroc voulait mener de nombreuses réformes dans un pays sclérosé, ce qui avait provoqué un immense espoir dans la population, et notamment chez les femmes. Après dix ans de règne, le constat est mitigé. Les femmes n’ont pu que se féliciter de certaines avancées puisqu’un nouveau code de la famille a été adopté en 2004. Les femmes ont presque les mêmes droits que les hommes et désormais, la répudiation et la polygamie sont beaucoup plus difficiles. Pour ce faire, Mohammed VI a dû tenir tête aux Islamistes radicaux en tentant de prôner un Islam tolérant. Il voudrait sans doute aller plus loin mais les journaux ne peuvent toujours pas s’exprimer totalement en critiquant la religion, la monarchie ou l’intégrité territoriale. Les journalistes peuvent toutefois protester contre des décisions de justice condamnant des journaux à de fortes amendes pour diffamation ou en critiquant l’indépendance de la justice tandis que quelques ONG affirment que la torture est toujours employée au Maroc ainsi que les détentions arbitraires. Côté éducation, même si l’on a noté de réels progrès, près de la moitié de la population est encore analphabète et la corruption reste de mise à tous les niveaux de la société. Le Programme des Nations Unies pour le développement humain place le Maroc à la 126me place, ce qui n’est pas très engageant.
Cela dit, après 10 ans, la situation économique du Maroc s’est bien améliorée grâce au tourisme, aux exportations de phosphates mais aussi aux transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger. Malgré la crise, le Maroc affiche une croissance de 5 % du PIB par an ! Etant donné les améliorations enregistrées dans le pays, l’Union européenne a conféré au Maroc un « statut avancé » en 2008 ce qui va lui permettre d’accentuer les relations commerciales avec l’Europe mais aussi d’envisager de nouvelles infrastructures routières, ferroviaires et portuaires, faisant du Maroc, le pays le mieux équipé du Maghreb. À noter aussi que les victimes du règne d’Hassan II ont été indemnisées même si les tortionnaires n’ont pas été inquiétés.
Un bilan en demi-teinte donc pour le roi Mohammed VI qui fêtera ses dix ans de règne à la fin du mois avec la cérémonie traditionnelle d’allégeance, la bey’a (le roi sera à cheval et de nombreuses personnalités se courberont sur son passage). La fête du trône qui est aussi la fête nationale sera particulièrement attendue cette année à Tétouan ou à Tanger. Le roi prononcera un discours important le 29 juillet que tous les Marocains suivront avec attention.

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