Tourisme sexuel: Mitterrand des "erreurs",
Il y a une semaine,
Frédéric Mitterrand était sur le plateau du 20 h de TF1 pour s’expliquer face à une polémique lancée par le
Front National à propos de son livre « La Mauvaise Vie » publié en 2005. Des passages de ce livre avaient été lus par Marine Le Pen qui mettait l’accent sur le tourisme sexuel pratiqué jadis par Frédéric Mitterrand en Thaïlande, Frédéric Mitterrand qui avait pris la défense très tôt de
Roman Polanski accusé d’abus sexuels sur mineure de 13 ans par les Etats-Unis.
Chacun y était allé ensuite de son refrain, en accusant ou en défendant Frédéric Mitterrand, tout le monde attendant qu’il s’explique.
C’est ce qu’il a fait en affirmant : « Je condamne absolument le tourisme sexuel et la pédophilie »… Pourtant, le début de l’entretien était quelque peu chaotique et l’on ne comprenait pas bien où voulait en venir Frédéric Mitterrand : « Pour moi, ce n'est ni un roman, ni des mémoires. J'ai préféré laisser les choses comme ça, dans le vague. Pour moi, au fond, c'est un tract. C'est une manière de raconter une vie qui ressemble effectivement beaucoup à la mienne ». Il poursuivit comme cela, assez vaguement sur les accusations de tourisme sexuel portées contre lui : « Dans cette mauvaise vie, il y a aussi des mauvais lieux. Dans ces mauvais lieux, il y a aussi des descriptions, des descriptions qui sont rudes. Car on ne fait pas de la bonne littérature, comme j'espérais le faire, avec des bons sentiments (...) Mais, en aucun cas, ce livre n'est une apologie du tourisme sexuel même si l'un des chapitres est précisément une traversée de cet enfer, avec la fascination que cet enfer peut susciter. »
Enfin, il a prié que l’on arrête de faire l’amalgame entre l’homosexualité et la pédophilie en assurant que ses partenaires avaient « tout au plus cinq ans de moins » que lui, ce qui n’est pas forcément évident à la lecture des expressions employées dans le livre pour qualifier ses partenaires en Thaïlande… Avec la dialectique qu’on lui connaît, Frédéric Mitterrand reconnut « une erreur sans doute, un crime non, une faute, même pas », trouvant que son livre est « moral ». Pour finir, Frédéric Mitterrand a reconnu que sa réaction face à l’arrestation de Roman Polanski avait été « trop émotive… Un ministre de la culture s’occupe des artistes et ne les abandonne pas ».
Bref… Selon François Fillon, l’affaire Mitterrand est close et
Nicolas Sarkozy aurait félicité les ministres qui ont soutenu le ministre de la Culture. Frédéric Mitterrand s’explique plus longuement aujourd’hui dans le
Nouvel Observateur. Il évoque à nouveau son livre « Une Mauvaise Vie » qu’il dit « d’une sincérité absolue ». Nicolas Sarkozy connaissait l’ouvrage et Frédéric Mitterrand lui en aurait même parlé au moment de sa nomination en tant que Ministre de la Culture. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy ne lui a pas tenu rigueur de cette polémique, selon lui. Frédéric Mitterrand fait aussi son mea culpa en ayant soutenu si fort et si rapidement Roman Polanski : « Au moment où j’ai cessé de parler, j’ai compris que je venais de faire une grosse connerie en étant précisément dans le registre de l’émotion ». Il maintient cependant sa position en ce qui concerne Roman Polanski tout en disant ne pas vouloir se substituer à la justice.
Enfin, il répète à qui veut l’entendre qu’il n’a jamais pratiqué la pédophilie et qu’il la condamne totalement et tient finalement à saluer Nicolas Sarkozy « à qui il n’a rien demandé et qui lui a tout offert ».
Et comme une polémique chasse l’autre, c’est désormais Jean Sarkozy qui est au centre de tous les débats mais ce qui est « l’affaire Frédéric Mitterrand » aura porté quand même un coup rude au clan Sarkozy et à sa majorité…