Une vidéo tournée dans le centre de rétention administrative de Mayotte et diffusée par Libération le 17 décembre avait soulevé l’indignation générale.
La préfecture de l’île de Mayotte a tenté une vaine explication en prétendant que le jour du tournage correspondait à la pire situation et qu’il s’agissait d’une situation exceptionnelle.
En effet, d’après la préfecture, ce centre qui « accueille » des clandestins peut abriter au maximum 60 personnes. Or, le 22 octobre, date du tournage, plus de 200 personnes y étaient parquées puisque c’est bien le terme qu’il faut employer. La préfecture, pour se dédouaner un peu, a signalé que « le 22 octobre est le seul jour sur les quatre derniers mois, où le chiffre de 200 retenus a été dépassé. Les trois jours précédents, ils étaient 42, 59 et 62. Dès le lendemain, les reconduites ont repris et le nombre de retenus est retombé à 84 ».
Serait-ce donc simplement une mauvaise coïncidence ? Pourtant, auparavant, la préfecture avait déclaré que « le centre de rétention administrative n’est plus dimensionné à l’activité ».
De fait, et face au scandale soulevé sur les conditions de vie de ces clandestins, Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, a annoncé que « la procédure concernant la reconstruction du centre de rétention administrative a été accélérée dès le 15 mai 2008 et que celui-ci ouvrirait en 2010 ».
Actuellement, des dizaines d’hommes sont entassés dans une pièce fermée à double tour. Des femmes et des enfants sont couchés sur des matelas de fortune, près des poubelles.
Ce entre de Pamandzi a été construit en 1995 et il est composé de bâtiments vétustes. Les sanitaires sont au nombre de quatre douches et de six toilettes communs aux hommes et aux femmes pour un centre qui peut recevoir 200 personnes dans des conditions inhumaines.
Quelque 16 000 personnes sont refoulées depuis Mayotte par an.
Amnesty International a demandé que cessent ces « conditions de rétention, indignes et inhumaines ».
Mais au fait… Quel est le rôle d’un secrétaire d’Etat à l’Outre-mer ?

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