Alliot-Marie, ministre de la Justice
Dans une interview aujourd’hui dans le
Figaro, Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice, évoque la castration physique pour les délinquants sexuels en pensant, selon lemonde.fr, que cette question « peut être débattue, y compris au Parlement ». Ainsi déclare-t-elle : « Pour l’instant, la castration physique est interdite en France mais elle existe ailleurs. Un sujet aussi délicat mérite une réflexion approfondie, une consultation des experts. C’est une question qui touche à l’éthique : un ministre ne saurait y répondre seul ».
Cette question est venue sur le devant de la scène alors que Francis Evrard, violeur du petit Enis à
Roubaix, a demandé « une ablation des testicules par chirurgie »…. MAM a pris la balle au bond en disant : « Quand quelqu’un dit : je sais que je suis dangereux, je ne veux pas l’être et je demande à pouvoir être libéré de mes pulsions, c’est quelque chose qui nous interpelle ».
…Certes, sauf que beaucoup de spécialistes affirment que les pulsions sexuelles se déroulent aussi et surtout dans la tête et que celles-ci ne dépendent pas essentiellement des hormones…
Le syndicat de la magistrature a pris le parti de l’humour, trouvant grotesque cette proposition de débat sur la castration physique : « pourquoi pas l’amputation des mains des voleurs, de la langue pour les escrocs et du foie pour les conducteurs surpris en état d’ivresse, ainsi que la lapidation des casseurs ? »… « Ces reculs de civilisation expriment la frustration de ceux qui n'ont jamais pu se résoudre à l'abolition de la peine de mort. Il est d'ailleurs significatif d'observer que
Jean-Marie Le Pen, n'a pas manqué cette occasion pour réclamer la « castration de la tête » des criminels les plus dangereux ».
Michèle Alliot-Marie va présenter un projet de loi sur la récidive, alors que celui-ci, instauré par Rachida Dati, existe déjà… Ce texte devrait prévoir le recours à une castration chimique, un traitement réversible soumis à l’accord de l’intéressé. La question à se poser est surtout l’obligation de suivi médical à la fin de la peine… Un condamné pour des crimes sexuels se verra imposer ce traitement dès la sortie de prison et, s’il ne l’accepte pas, il ne pourra sortir de prison qu’après avoir fait l’intégralité de la peine, donc sans remise de peine.
Bref, ce projet de loi contre la récidive sera le troisième sur ce sujet depuis mai 2007…

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