Il ne fait pas bon être Maghrébin, avoir une trentaine d’années, les cheveux courts, être mal rasé et se balader dans les rues de Montreuil ! Soit un portrait des plus courants… Le 12 mars en fin d’après-midi, un homme a été retrouvé dans le quartier Bel-Air de Montreuil par des policiers. Il avait la tête en sang et des fractures à la mâchoire et au nez. Le pauvre bougre avait été passé à tabac par plusieurs dizaines de personnes croyant qu’il s’agissait du « violeur des stades ». En effet, de jeunes garçons étaient agressés sexuellement par un homme correspondant vaguement au signalement du pauvre homme mis en sang. Une photo du présumé coupable circulait même sur Internet et sur les téléphones portables comme l’a confié un policier : « Il fallait veiller à ce que Taguine (le nom du violeur interpellé depuis) ne se sache pas recherché sur Montreuil et calmer la population pour qu’un drame ne se produise pas ». Même son de cloche à la mairie : « On comprenait la peur des parents, on a vraiment essayé de protéger les enfants en sensibilisant le personnel qui travaille avec les scolaires, mais sans donner de nom ni diffuser de photo ». Selon les informations du Parisien, la photo du présumé coupable circulait dans un stade à Paris.
Résultat ? Un père de famille dont le fils était un copain d’un gamin violé, a vu rouge quand il a cru reconnaître à Montreuil le « violeur des stades ». Placé en garde à vue, il nie être à l’origine du lynchage mais la victime affirme que c’est ce dernier qui l’a d’abord agressé en lui tirant dessus. D’après la police, le père de famille l’aurait poursuivi et blessé de deux coups de feu puis plusieurs dizaines de personnes se sont acharnées sur le Maghrébin qui s’exprime mal en Français et qui ne réside pas en France. Coups de pied, coups de poing, insultes, les gens se sont déchaînés. La police, prévenue, est vite arrivée sur les lieux et un policier a déclaré : « si la patrouille était arrivée cinq minutes plus tard, les conséquences auraient pu être encore plus dramatiques ».
Quant au vrai suspect, il se nomme Halim Taguine et était recherché par la sûreté départementale. Il a été interpellé une semaine plus tard, le 19 mars.
La victime est traumatisée et subit trente jours d’interruption temporaire de travail.
Cette triste histoire rend compte une fois de plus qu’en France il y a des lois et qu’on ne peut se faire justice soi-même. D’autre part… Comment une photo d’un présumé suspect peut-elle ainsi circuler librement ? Cette question est en elle-seule, très inquiétante tout comme l’attitude de ces dizaines de personnes s’acharnant sur un pauvre bougre sans défense…

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