Depuis quelques jours, des kinés manifestent un peu partout, à
Quimper, à Lorient, à
Toulouse, au Mans, etc.
Pourquoi ce mouvement de grogne ? Il résulte de l’assignation en référé de vingt kinésithérapeutes de Haute-Garonne qui ont refusé d’adhérer au conseil de l’ordre des kinés. L’audience au tribunal de grande instance de Toulouse a finalement été reportée au 3 mars.
Il faut savoir que ce Conseil de l’ordre des kinés a été créé tout récemment, soit en 2006. À l’image du Conseil de l’ordre des médecins, il est chargé de faire un peu la loi dans la profession, en défendant ses membres contre d’éventuelles attaques judiciaires ou d’appliquer des mesures disciplinaires le cas échéant (ce dernier point étant très rarement le cas avouons-le car on ne compte pas beaucoup de praticiens rejetés par le Conseil de l’ordre des médecins…). D’après les manifestants, le Conseil de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, a été créé à la demande d’une minorité afin de défendre la profession et de s’assurer que tout le monde possède bien la formation adéquate. Aujourd’hui, deux syndicats se disputeraient la direction du Conseil de l’ordre. Jusqu’à présent, les kinés n’étaient pas obligés d’adhérer à une telle structure. De plus, la loi a été votée en plein été par les députés, sans aucune concertation avec les principaux intéressés et en l’absence de nombreux députés.
Aujourd’hui, la cotisation est de 130 euros pour ceux qui exercent dans le public et de 280 euros pour ceux qui exercent dans le privé et les kinés jugent cette somme très exagérée au vu des services rendus, qu’ils travaillent pour l’hôpital public ou en cabinet libéral. De fait, nombre d’entre eux se dispensaient de cette cotisation qu’ils jugeaient inutile. Tous ne sont pas opposés à cet Ordre mais ceux qui approuvent sa création demandent qu’il soit organisé différemment. D’autres évoquent l’inutilité de cette structure qui fait redondance avec les assurances prises par les établissements où ils exercent ou avec les assurances prises de manière individuelle.
En Haute-Garonne par exemple, sur 1 800 kinés recensés, 400 n’acceptent pas la légitimité du Conseil de l’ordre des kinés.
Or, depuis quelques mois, les plaintes se sont multipliées dans les Conseils de l’ordre départementaux contre les professionnels qui n’avaient pas cotisé, les menaçant ainsi d’exercice illégal de la profession… Une façon d’agir qui révolte les praticiens car c’est leur imposer une cotisation qu’ils jugent illégale n’ayant pas été concertés, mais également incroyablement injuste et scandaleuse car il s’agit là d’utiliser l’argent de ceux qui ont cotisé pour attaquer des confrères qui ne l’ont pas fait…
Par exemple, dans la Sarthe, 40 plaintes ont été déposées pour non-cotisation. Les manifestants font également état du fait qu’ils sont passibles, non seulement d’une interdiction d’exercer mais aussi d’une lourde amende (30 000 euros) et de trois ans de prison… En outre, depuis sa création, le Conseil de l’ordre de Sarthe n’a jamais publié ses comptes depuis presque trois ans… Le Président de l’Ordre a signifié que « la publication de ces comptes est sur les rails ».
Non-concertation, inutilité de la structure, comptes non publiés, obligation d’adhésion sous menaces de plaintes pouvant engendrer des situations très graves… Voilà les motifs de la grosse colère des kinés actuellement.