Depuis la fin de la guerre à Gaza, les médias étrangers et les ONG peuvent désormais entrer dans le territoire palestinien. Outre le nombre particulièrement élevé des victimes et des blessés, ces organismes ont pu relever plusieurs cas de violations du droit de la guerre. Richard Falk, par exemple, rapporteur spécial de l’ONU, a déclaré qu’Israël avait violé les conventions de Genève. Certains cas sont litigieux mais d’autres tomberaient sous l’appellation de « crimes de guerre ».
Les témoignages de civils se multiplient : des drapeaux blancs qui n’auraient pas empêché le pilonnage ou les fusillades, des personnes ensevelies dans leurs maisons détruites par des bulldozers, des ambulances ciblées, des objectifs nullement militaires détruits et incendiés… Tout cela pourrait déboucher sur la mise en cause de militaires et de responsables israéliens.
Au fur et à mesure que des sources étrangères et indépendantes commencent à dresser le bilan du conflit, les suspicions de crimes de guerre se font de plus en plus fortes. L’utilisation de bombes au phosphore blanc est pointée du doigt dans un territoire aussi densément peuplé qu’est la bande de Gaza, ces armes incendiaires étant prohibées dans une zone où se trouvent de nombreux civils. Amnesty International a donc accusé Israël de « crimes de guerre ». En outre, Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a demandé à Israël d’entreprendre une enquête approfondie sur le bombardement de l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens, des entrepôts ayant été touchés par des armes chimiques.
Pour répondre à ces accusations, Daniel Friedman, ministre de la Justice israélien, a été chargé de défendre l’Etat. Une équipe interministérielle va donc coordonner la défense juridique des responsables contre des demandes de poursuites faites par des instances internationales. Israël n’a cependant pas signé la charte de la Cour pénale internationale de La Haye. Elle ne craint donc pas cette juridiction. Cela dit, la plupart des pays ont des lois qui leur permettent de poursuivre les auteurs de crimes de guerre sur leur territoire.
Déjà, Israël a mis en place une censure militaire interdisant de publier les noms et les visages des officiers ayant participé à la guerre à Gaza. De même, les officiers supérieurs et le ministre de la Défense devront demander une autorisation pour se rendre à l’étranger par peur d’être arrêtés dans certains pays européens.
Actuellement à Gaza, on tente de panser les blessures et rien ne change du côté politique puisque le Hamas est toujours au pouvoir, que les tunnels de contrebande sont en train d’être reconstruits et que le soldat otage israélien, Gilad Shalit, sa libération étant une condition à l’arrêt des combats, est toujours détenu.
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