Elle n’a rien d’une espionne, elle est universitaire, passionnée par la civilisation iranienne, et pourtant, depuis une semaine, Clotilde Reiss, 24 ans, est incarcérée à la prison d’Evine pour « espionnage ». Elle devait séjourner à Beyrouth et rejoindre une famille d’accueil (famille d’une de ses amies de Sciences Po Lille). Mais mercredi dernier, elle a été arrêtée à l’aéroport de Téhéran, après avoir séjourné cinq mois en Iran, alors qu’elle s’apprêtait à embarquer. C’est la famille libanaise qui a alerté les autorités françaises et Téhéran a confirmé l’information. Aussitôt, le gouvernement français est intervenu par la voix de Bernard Kouchner. Nicolas Sarkozy est aussi intervenu publiquement en déclarant que cette accusation d’espionnage était « hautement fantaisiste » et en exigeant la libération de la jeune femme. Les faits qui lui sont reprochés sont apparemment d’avoir participé à des manifestations suite aux élections iraniennes, d’avoir pris des photos sur son téléphone portable et de les avoir envoyées par mail à un de ses amis à Ispahan pour lui décrire la situation.
Cette nouvelle a déjà fait des vagues sur Internet et quatre groupes de soutien ont déjà été formés sur Facebook dont celui de Marina El Khoury, étudiante de la même promotion que Clotilde à Sciences-Po Lille. Marina, ayant eu le père de Clotilde au téléphone, a pu indiquer : « J’ai parlé au père de Clotilde. Selon lui, elle a pu discuter avec des diplomates français et serait en bonne santé ». Sur Twitter aussi des pétitions circulent pour appeler à sa libération.
Côté officiel, le Quai d’Orsay a informé les partenaires européens de la France en appelant à la solidarité. L’ambassadeur d’Iran a été convoqué. En Grande-Bretagne, Gordon Brown proteste aussi contre l’emprisonnement de deux membres de l’ambassade britannique à Téhéran. Il a lancé un avertissement clair en annonçant l’expulsion de deux diplomates iraniens de Londres… Une mesure grave que la France pourrait imiter si le cas de l’étudiante n’était pas résolu… Mais force est de constater que depuis les manifestations qui ont suivi l’élection iranienne contestée et les différentes prises de position à ce sujet, l’Iran a clairement durci le ton face à l’Occident en l’accusant d’avoir soutenu les manifestants. Jusqu’où pourront aller ces affaires d’incarcération arbitraire ?... À suivre…
Tous les commentaires sont soumis à modération (ceux abrégés en SMS seront supprimés).
Ne vous inquiétez donc pas si ceux-ci ne s'affichent pas instantanément.