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Prix Nobel littérature 2009 : Herta Müller
Le prix Nobel de littérature 2009 a récompensé Herta Müller qui a déjà reçu de nombreux prix et le prix Nobel de littérature vient couronner une œuvre contestataire. En effet, Herta Müller est née en 1953 en Roumanie dans une minorité allemande du Banat dans la région de Timisoara. Son grand-père, riche homme d’affaires, fut exproprié par le régime communiste tandis que sa grand-mère fut déportée en URSS dans un goulag. Quant à son père, ancien de la Waffen-SS, il était chauffeur de camion. Douée pour les études, Herta Müller va étudier la littérature allemande et la littérature roumaine à l’université avant d’être traductrice dans une usine de laquelle elle va être licenciée en 1979. Elle avait en effet refusé de collaborer avec la police secrète roumaine, la tristement célèbre « Securitate » et elle était répertoriée pour appartenir à un groupe d’intellectuels d’origine allemande, très surveillé, l’Aktionsgruppe Banat. Devenue enseignante en lycée et en maternelle, Herta Müller va sortir son premier livre, « Niederungen » (Bas-Fonds) en 1982 mais ce dernier sera censuré en Roumanie et édité plus tard en version intégrale en RFA (République fédérale d’Allemagne). L’Etat roumain va alors l’interdire de publication.
Lasse, Herta Müller va alors fuir la dictature de Ceausescu pour se réfugier en RFA 1987. Toutes ces œuvres dénonçaient à l’époque le régime roumain et le sort réservé aux minorités allemandes. Enseignante écrivain, elle obtiendra une chaire à l’université libre de Berlin en 2005 où elle réside encore aujourd’hui. En 2008, elle fut à l’origine d’un grand débat en Allemagne car deux anciens informateurs de la police secrète roumaine était présents à une réunion de l’Institut culturel roumain de Berlin : il s’agissait de Sorin Antohi, historien et de l’Allemand Andrei Corbea-Hoisie. Car Herta Müller n’a eu de cesse de dénoncer le régime roumain comme dans un article paru dans « Die Zeit » en juillet 2009 : « La Securitate est toujours en service » qui dénonçait sa mise à l’écart et sa discréditation de la part des services secrets roumains : elle avait même été dénoncée par la Sécuritate en tant qu’agent ! En 2009, elle publie un roman « Atemschaukel » qui retrace l’histoire d’un jeune homme dans un goulag soviétique en s’inspirant de la vie du poète Oskar Pastior.
C’est finalement pour l’ensemble de son œuvre engagée qu’Herta Müller a reçu le prix Nobel de littérature 2009, son œuvre « qui, avec la concentration de la poésie et l’objectivité de la prose, dépeint les paysages de l’abandon ». Avant de recevoir son prix Nobel de littérature 2009, Herta Müller a expliqué comment, confrontée à la mort en Roumanie, elle s’était engagée dans la littérature avec « une soif de vie, une soif de mots ». A l’occasion de la remise du Prix Nobel, elle a lu un texte résumant son combat « Chaque mot en sait long sur le cercle vicieux ».