Des jeunes armés de fusils ont tiré sur la police pendant la nuit de mardi à mercredi, blessant plusieurs agents de police en
Guadeloupe. Un fonctionnaire de police déclare à l'AFP que les trois agents ont été blessés par des tirs alors qu'ils étaient appelés sur un incident survenu à la Cité Henri IV à Pointe-à-Pitre. Les agents ont "seulement utilisé des gaz lacrymogènes" en réponse, a-t-il ajouté. A Pointe-à-Pitre, le maire Jacques Bangou a également déclaré que "les échanges de coups de feu" ont été entendus dans la même zone. Auparavant, le maire de Baie-Mahault, Ary Chalus, a déclaré pour sa part, que près de 100 jeunes avaient saccagé le quartier commercial de Destrelland, ajoutant que certains ont également tiré en direction de la police. Bien qu’il ne soit pas en mesure de préciser le détail des échauffourées, il a aussi relaté que plusieurs policiers avaient été blessés.
Les troubles sociaux sont entrés dans une nouvelle phase dangereuse avec le phénomène de fusillade; en marge de ces tirs d’armes à feu, la police a également déclaré qu’une concession automobile Renault a été entièrement détruite, les pompiers quant à eux ont précisé aux médias locaux que la concession était déjà complètement en flammes quand ils sont arrivés. Un correspondant de l'AFP avait auparavant déclaré avoir entendu plusieurs coups de feu à Pointe-à-Pitre. Des pillages ont également était signalés, deux arrestations ont été faites mardi en fin de journée. Trois escadrons des forces de l’ordre soit 200 fonctionnaires de police ont été déployées pour faire face à ces émeutes. Un journaliste de la télévision des Caraïbes a également signalé que de nombreux manifestants violents et armés, avaient mis en place des barrages sur les routes pour signaler leur révolte après un mois de grève générale épuisante pour tous.
Un centre commercial, a été une fois de plus la cible de manifestants en colère; ils y ont saccagé un magasin de parfum, et un centre automobile, des pneumatiques on été brûlés, selon les journalistes présents sur les lieux. La police a confirmé les actes de pillage, alors que certains leader de la grève ont de nouveau appelé au calme par l’intermédiaire de la radio locale. "Ne mettez pas votre vie en danger et ne pas mettez en danger la vie des autres", tel était le message que l‘on entendait sur les ondes. Les manifestants ont utilisés, des voitures en flamme, des troncs d'arbres et même un réfrigérateur pour bloquer les routes dans toute la Guadeloupe. Mardi l'aéroport principale a été fermé pour des raisons de sécurité, après une nuit de pillages et d‘émeutes, il a ensuite été rouvert.
Le département français d'outre-mer sombre très profondément dans la tourmente depuis que le LKP, une coalition de syndicats et de groupes de gauche, ont lancé leur action. Le LKP a prévu de renforcer les protestations durant la semaine, après que le gouvernement ait refusé de se plier à ses revendications, demandant entre autre l’augmentation des bas salaires de 200 euros.
A Paris, le président Nicolas Sarkozy a rapporté qu'il allait rencontrer les élus de Guadeloupe et des autres départements d'outre-mer, jeudi, pour discuter de la situation très préoccupante.
Lundi la police avait arrêté des dizaines de manifestants, en Guadeloupe, alors que ceux-ci s’attelaient à mettre en place des barricades. Le
Premier ministre François Fillon, quant à lui, a déclaré que les barrages routiers ne sont pas «des moyens légaux d'expression».
Les syndicats ont également lancé une grève dans l’île voisine de
la Martinique le 5 Février, visant à faire pression sur le gouvernement, pour obtenir des salaires plus élevés et des mesures pour faire baisser les prix des produits de base. Il est à noter que les résidents de l'île ne comptent presque exclusivement que sur les importations vendues dans les supermarchés appartenant à quelques familles de privilégiés, où les prix sont nettement plus élevés qu'en Métropole. La plupart des magasins, des cafés, les banques, les écoles et les administrations ont été fermés en Guadeloupe et en Martinique. La grève a également gravement touché le secteur clé du tourisme.