Au pied de l’Acropole d’Athènes, a été inauguré samedi, un tout nouveau musée. Ce magnifique espace de 14 000 m2 est dédié à l’exposition des merveilles de l’Antiquité grecque. On y trouve des originaux certes, mais aussi beaucoup de copies de marbres originaux détenus par le British Museum de Londres. Depuis une trentaine d’années, la Grèce demande instamment aux autorités britanniques de leur rendre les originaux. En effet, Costas Karamanlis, Premier ministre grec considère que toutes les œuvres du Parthénon doivent être réunies dans un même lieu et dans leur totalité. Seulement voilà, ces marbres antiques « appartiennent » à la Grande-Bretagne depuis 1801-1802, enfin… Disons plutôt que les marbres ont été subtilisés par Lord Elgin, alors ambassadeur britannique à Constantinople, sous prétexte d’en faire des copies. En quelques mois, la moitié des sculptures fut enlevée, comme sept métopes et vingt dalles de la frise du Parthénon. Il fit rapatrier à Londres une bonne partie de la frise du Parthénon, ses frontons et métopes (reliefs rectangulaires). Parfois même, il décida de les scier car les dalles de la frise étaient trop lourdes ! Un vrai carnage historique ! Il put ainsi délester Athènes de ses trésors grâce à une coopération avec le firman (gouverneur grec) et en offrant divers cadeaux à l’administration turque d’Athènes. Ce ne fut qu’en 1803 que le nouvel ambassadeur anglais à Constantinople arrêta le massacre et deux ans plus tard, il était interdit d’entreprendre des fouilles en Attique mais le mal était fait… Le musée du Louvre possède également trois fragments du Parthénon… Cela dit, même si un récent sondage montre les Britanniques dans leur ensemble trouveraient normal que ces pièces antiques retrouvent leur berceau d’origine, ce n’est pas l’avis du British Museum pour qui ces marbres sont l’un des fleurons de la collection. Ce dernier ne voudrait que « prêter » les œuvres sans pour autant que cette exposition devienne permanente à Athènes. En inaugurant le nouveau musée d’Athènes samedi, le président de la République Karolos Papoulias a, une fois de plus, réclamé le retour des sculptures du Parthénon. C’est surtout le Ministre de la culture Antonis Samaras, qui a été le plus sévère en refusant de discuter de la propriété des marbres : « Nous ne pouvons pas légitimer l’expropriation qui a eu lieu il y a deux siècles. Nous pouvons travailler avec le British Museum. Nous pouvons remplir l’espace vide dans leurs salles en leur prêtant certaines de nos œuvres, mais les marbres du Parthénon doivent être réunis, ici, au musée de l’Acropole ». Effectivement, on peut se dire qu’ils seraient bien mieux au pied de l’un des plus beaux monuments de la Grèce antique !
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