Sans le dire officiellement, les « Gérards » du cinéma font référence à un sketch
célèbre de Coluche, soit un type complètement « à la masse », vulgaire, un rien débile mais qui se prend pour… Et tous les Gérard de la Terre en ont été complètement stigmatisés, dévoyés et ne sachant plus comment s’excuser.
La cérémonie des « Gérards » qui rime avec « Césars » a pour but de ridiculiser au second, voire au troisième degré, ces diatribes et récompenses décernées par ceux qui font partie du cinéma mais qui pensent qu’ils sont tout le cinéma… Une cérémonie que Coluche aurait certainement adorée !
Les « Gérards » récompensent en effet ce qui se fait de pire dans le cinéma français et là, il y a pléthore de films et de « vedettes » désirant se faire de l’argent de poche. Cela fait quatre ans qu’Arnaud Demanche, Frédéric Royer et Stéphane Rose réécrivent l’histoire du cinéma, en pleine période de prix renommés, pour dénigrer le bon ou le mauvais, voire les deux à la fois.
Avec un style que n’auraient pas renié certainement Desproges, Le Luron, Jacques Martin, à une époque où la parole était libre, et que ne doit pas non plus mésestimer
Bedos dans un silence assourdissant, ces trophées du meilleur nul ont été attribués à des personnalités vues et revues ou à des inconnus. Citons par exemple, l’incroyable Arielle Dombasle à la plastique magnifique et qui n’a pas besoin forcément de son BHL de mari pour faire parler d’elle, Francis Huster qui se prend pour le meilleur réalisateur du siècle, Agnès Jaoui qui déçoit avec « Parlez-moi de la pluie », Etienne Chatilez qui nous avait habitué à mieux qu’à « Agathe Cléry »,
Richard Berry et Francis Weber qui auraient pu se dispenser du remake de « L’Emmerdeur » car n’est pas
Lino Ventura qui veut et n’est pas non plus Jacques Brel qui veut…
Bref, une analyse au vitriol du monde du cinéma et qui dépoussière les paillettes, se faisant par là-même un contre-pouvoir de la célébrité à tue et à dia. Une cérémonie bizarre qui égratigne De Caunes avec son « Coluche, l’histoire d’un mec » et c’est vrai que ce n’était pas une réussite, Elie Semoun pour « Cyprien »… Tous en prennent pour leur grade comme Emmanuelle Béart dans « Disco », Zoé Félix qui n’avait pas l’accent pur chti dans « Bienvenue chez les Ch’tis », Cali,
Jean Reno,
Depardieu…. Sans oublier Houellebecq, l’un des plus grands écrivains français qui a déçu dans « la possibilité d’une île ».
La dérision ; telle est la force des « Gérards » avec les meilleurs prix du désespoir masculin et féminin, du plus mauvais film, etc. Une critique amère de ce qu’est le monde du cinéma aujourd’hui, mais une critique qui dérange parce que justement elle met le doigt là où ça fait mal…
… Mais justement… Moi, ça m’a fait mal « OSS 117 » et pourtant, il n’est cité nulle part !
Comme quoi… Le cinéma est un art bien éphémère et qui ne vaut que pour ceux qui savent s’en servir…