On lui donnerait le Bon Dieu sans confession avec son air de petit gamin fragile dans son costume trop grand pour lui. Pourtant, il a joué un rôle essentiel dans le procès d’Outreau en gâchant la vie d’une dizaine de personnes et de leur entourage.
Qui est Fabrice Burgaud ?
Il est né le 23 octobre 1971 à Niort. Il a donc tout juste 37 ans. Fabrice Burgaud a suivi des études à l’Institut d’études politiques de
Bordeaux puis a travaillé dans une société de conseil avant de décider de se lancer dans le droit pénal. Il est ainsi reçu à l’ENM, Ecole Nationale de la Magistrature en janvier 1996 et quatre ans plus tard, il est reçu au concours en étant 91me sur 161, ce qui est un score honorable. Très vite, il est nommé sans aucune expérience, juge d’instruction au tribunal de grande instance de Boulogne-sur-mer alors qu’il n’a que 28 ans et il doit aussitôt s’occuper de l’affaire de pédophilie d’Outreau. Il hérite de cette enquête par le hasard du calendrier des permanences. L’affaire d’Outreau va débuter le 22 février 2001 alors que le petit juge semble être sûr de lui. Il conduira cette affaire de manière totalement irréaliste avec des arrestations, des mises en examen de dizaines de personnes sur la foi des déclarations d’une femme perverse, Myriam Badaoui et de quelques déclarations d’enfants très sujettes à caution. Avant que le scandale d’Outreau n’éclate, Fabrice Burgaud va être nommé au Parquet de Paris et va être affilié à la section antiterroriste par le procureur général Yves Bot en juillet 2002. L’affaire d’Outreau n’est pas encore bouclée à cette époque. Son successeur va signer le 13 mars 2003, l’ordonnance de mise en accusation des personnes suspectées devant la cour d’assises. À Paris, certains le qualifient de rigide et de froid. C’est finalement le procès de la cour d’assises qui va innocenter les 17 personnes mises en examen en mai 2004, Myriam Badaoui avouant le viol de ses enfants en disculpant les accusés. Myriam Badaoui et Thierry Delay vont écoper de 15 et 20 ans de prison et deux autres voisins seront aussi reconnus coupables. Pour les autres accusés, c’est l’incompréhension totale car sept personnes seulement sont acquittées, les six autres sont condamnées à la prison ferme ou avec sursis et elles doivent faire appel. Finalement ces dernières seront acquittées à la cour d’appel de Paris en décembre 2005. En plein scandale, le juge Burgaud va être muté à la section de l’exécution des peines.
Une commission parlementaire va alors être créée pour examiner cette affaire. Les victimes de Fabrice Burgaud vont alors signaler un comportement ahurissant. En effet, les avocats n’avaient pas accès au dossier, le juge Burgaud ne faisait qu’une instruction à charge, accusait des personnes complètement désemparées, et à tord et à travers, était semble-t-il captivé par Myriam Badaoui… Il répondra aussi devant la Commission d’Outreau sans véritablement convaincre personne en précisant qu’il n’avait fait que son travail et qu’il entendait rester dans la magistrature sans vraiment présenter d’excuses et de regrets. Traqué, injurié par des lettres anonymes, Fabrice Burgaud va faire l’objet d’une protection policière et prendra deux avocats.
Aujourd’hui, il comparaît devant ses pairs et demande… Qu’on lui rende son honneur ! La formation disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature devra rendre sa décision le 27 mars.

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