Le Premier ministre
François Fillon va réunir aujourd’hui dimanche à 16 h son nouveau gouvernement à Matignon. Il s’agira de débattre des « vraies priorités stratégiques » de l’emprunt que
Nicolas Sarkozy a annoncé lundi lors de la réunion du Congrès de Versailles. François Fillon l’a affirmé ; « aucun euro ne doit être utilisé à des dépenses qui ne seraient pas des dépenses utiles »… Quelques pistes ont été évoquées comme le numérique, les nanotechnologies, les biotechnologies, les écotechnologies pour l’environnement avec la voiture du futur… Le montant de cet emprunt national serait de 80 à 100 milliards d’euros selon plusieurs sites de presse malgré la mise en garde de Philippe Séguin, Président de la Cour des comptes qui a mis en avant l’augmentation de la dette. Ce qui a été annoncé par contre, c’est que cet emprunt ne devait pas financer les dépenses courantes ni régler les déficits. Autre question : cet emprunt sera-t-il lancé uniquement vers les Français ou pourrait-il être fait sur les marchés pour moitié ? C’est ce que préconise
Christine Lagarde, ministre de l’Economie. Car il faut bien avouer que les Français ne sont pas du tout chauds pour cet emprunt d’état. Selon un sondage IFOP réalisé pour M6 et le JDD, 82 % d’entre eux n’ont pas l’intention de souscrire à cet emprunt national pour financer les priorités gouvernementales ! 61 % sont même sûrs de leur position… Même chez les sympathisants de droite, l’ambiance n’y est pas car 70 % n’ont pas l’intention de souscrire (48 % « pas du tout » et 22 % « plutôt pas »). Quant aux syndicats, pour eux la priorité est évidente : avant de lancer un emprunt national, il faut s’attaquer à la fiscalité et notamment au bouclier fiscal, à la défiscalisation des heures supplémentaires qu’ils jugent incongrue en période de forte hausse du chômage ainsi qu’à la suppression de la taxe professionnelle qui aura certainement pour conséquence, une hausse spectaculaire des taxes locales… Cet emprunt donc, pourrait représenter une sorte de test pratique sur la confiance que les Français ont sur l’orientation économique et sociale du gouvernement Fillon. Peu de souscriptions seraient aussi interprétées comme un désaveu de la politique de Nicolas Sarkozy.
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