La fusion Ecureuil et Banque Populaire a donné la BPCE qui est désormais la seconde banque française et qui débute ses activités aujourd’hui… Ou plutôt qui devrait débuter ses activités car une partie du personnel ne l’entend pas de cette oreille. En effet, si dans les régions la fusion a été votée vendredi, le syndicat Sud a saisi dans une procédure d’urgence, la Cour d’appel de Paris qui, de fait, a interdit à la Caisse d’Epargne d’Ile-de-France, de mettre en œuvre le projet : il lui est demandé de mieux informer son personnel. Selon la direction de la Caisse d’Epargne Ile-de-France, il s’agit juste d’une question de temps puisque cette dernière « rejoindra ultérieurement » le nouveau réseau. Évidemment, rien ne change pour les épargnants mais selon le syndicat Sud, la direction pourrait, suite à cette décision, tout reprendre à zéro soit la consultation du personnel de toutes les Caisses d’Epargne de France et de Navarre, consultation qui s’est achevée fin juin. Ainsi, Patrick Saurin, du syndicat Sud, a déclaré : « Cela doit repartir pour un tour au niveau de tous les comités d’entreprises dans la mesure où tous les CE des 17 Caisses d’Epargne et des 20 Banques populaires ont eu la même information ».
Quoi qu’il en soit, la direction de la Caisse d’Epargne d’Ile-de-France a convoqué en urgence samedi le comité d’entreprise pour une réunion qui doit se tenir le 19 août mais elle espère, en attendant, un nouveau jugement qui lui serait favorable sur le fond et qui devrait avoir lieu fin septembre au plus tard.
Reste que la situation est délicate car si la fusion était retardée, toutes les conditions de celle-ci pourraient être revues et notamment les apports respectifs de la Caisse d’Epargne et de la Banque Populaire basés sur les comptes 2008, ce qui signifierait encore des mois de tractations…
Pour Régis Dos Santos, délégué CFE-CGC (syndicat des cadres), la responsabilité incombe à François Pérol, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, dont la nomination à la tête du nouveau groupe avait fait couler beaucoup d’encre. Ainsi, il a déclaré : « Je crains qu’on ait ouvert la boîte de Pandore. On n’avait vraiment pas besoin de ça. S’ils nous avaient apporté des informations plus claires et des engagements plus précis, on n’en serait pas là »…
Et pourtant ! Les négociations durent depuis l’automne 2008 date à laquelle la filiale de l’Ecureuil et de la Banque Populaire, Natixis, perdait des milliards pour avoir investi dans des subprimes américaines… Depuis, l’Etat, donc les Français, avait investi 7 milliards d’euros mais il ne contrôle que 16 % du capital de la BPCE…
Simple retard dans la mise en œuvre de la fusion Ecureuil-Banque Populaire ou remise à plat complète ? L’avenir nous le dira…

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