Villepin, Procès Clearstream
Hier, mardi 20 octobre 2009, le Procureur de la République, Jean-Claude Marin, a tenté de prouver la culpabilité de Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream. Tout au moins, d’après lui, il aurait pu faire l’erreur de croire à l’existence de ces comptes occultes au Luxembourg mais n’aurait jamais dû continuer quand de Villepin s’est bien rendu compte que toute cette affaire était montée de toutes pièces. Il a donc demandé une peinte de 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros d’amende contre Dominique de Villepin sans peine d’inéligibilité.
En ce qui concerne Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, les peines requises sont de 18 mois de prison ferme.
Pour justifier cette demande de peine, Jean-Claude Marin a indiqué : « Au mois de juillet 2004, Dominique de Villepin a compris. Et pourtant, il s’enfonce dans le piège, dans la nasse »… En gros, il doit être puni pour n’avoir rien dit… En tentant de mettre en valeur une notion bien nouvelle en droit : la complicité par abstention… L’avocat de Dominique de Villepin s’est engouffré dans la brèche : « Nous assistons à une acrobatie judiciaire. Je ne fais rien, je suis coupable... C’est la première fois qu’un parquet requiert cela en France (…) On s’est toujours interrogé dans ce dossier de savoir où les réquisitions avaient été prises, si c’était boulevard du Palis ou rue du Faubourg Saint-Honoré (soit à l’Elysée). On a peut-être la réponse ce soir »… En effet, le parquet est soumis au ministère de la justice et les magistrats du parquet sont nommés par le Président de la République.
Quant à Dominique de Villepin, il a déclaré à sa sortie d’audience : « Nicolas Sarkozy avait promis de me pendre à un croc de boucher, je vois que la promesse a été tenue. Le procureur n’a pas dit la réalité des faits. Je ne crois pas non plus qu’il ait dit la réalité du droit ».
Les avocats de Jean-Louis Gergorin et d’Imad Lahoud, ont évoqué des « constructions intellectuelles » en regrettant l’absence de preuves matérielles données par le parquet. Ce qui n’est évidemment pas l’avis de l’avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog pour qui le parquet « a livré une démonstration implacable ».
Cet après-midi, ce sont les quatre avocats de Dominique de Villepin qui vont défendre leur client : Olivier d’Antin, Luc Brossolet, Olivier Metzner et Henri Leclerc plaideront et demanderont la relaxe de l’ex-premier ministre.

Il n'y a pas encore de commentaires pour cette dépêche.
Tous les commentaires sont soumis à modération (ceux abrégés en SMS seront supprimés).
Ne vous inquiétez donc pas si ceux-ci ne s'affichent pas instantanément.