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Didier Vinolas est l’homme par qui le trouble arrive dans l’affaire du procès Colonna. En effet, il a apporté un coup de théâtre dans les débats vendredi en déclarant « Il y a peut-être deux hommes dans la nature » qui auraient participé à l’assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac. Didier Vinolas était au moment des faits le 6 février 1998, fonctionnaire de police et secrétaire général adjoint de la préfecture de Corse. Selon lui, les autorités judiciaires et policières auraient été averties en 2002 et en 2004. Pourtant, elles n’avaient donné aucune suite à ces informations qui étaient pourtant capitales dans ce dossier. En décembre également, Didier Vinolas avait envoyé une lettre au parquet sans pour autant révéler les identités des deux personnes en question. Cette lettre a été bien reçue mais apparemment elle n’aurait pas été ouverte par Didier Wacogne… Ce témoignage perturbe hautement le déroulement du procès car désormais les avocats d’Yvan Colonna vont déposer une requête en suspicion légitime contre le Président de la cour, Didier Wacogne.
Mais qui est Didier Vinolas ?
Né à Lille, Didier Vinolas était en poste en tant que secrétaire général de la préfecture d’Ajaccio en 1998 après avoir été commissaire de police. C’est lui qui avait appris le décès de son mari à Dominique Erignac. Etant très proche de la famille, il l’avait aidée également à faire le choix du cercueil. Il avait accompagné la veuve à la morgue. Or, Didier Vinolas affirme avoir été informé de l’existence de deux hommes de l’ombre depuis 2001 mais il n’avait rien dit lors du procès en première instance alors qu’il y a témoigné durant quarante minutes. Pourquoi ? Didier Vinolas, âgé de 55 ans aujourd’hui, a affirmé en avoir averti les autorités en 2002 et il a déclaré vendredi, pris de remords sans doute, qu’il existait « un risque de laisser condamner un innocent ». Didier Vinolas, est décrit comme « un haut fonctionnaire sérieux » tandis que d’autres évoquent « un homme ayant un besoin de reconnaissance ». Bien sûr ses propos doivent être vérifiés mais on ne peut penser que ce haut fonctionnaire mentirait délibérément à la barre. Quatre mois après le meurtre du préfet Erignac, Didier Vinolas quitta la Corse pour être affecté au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de police de Paris. Il va y rencontrer Daniel Vaillant en 2002, ministre PS de l’Intérieur. Daniel Vaillant est aujourd’hui maire du XVIIIe arrondissement et Didier Vinolas est désormais directeur de projets de la mairie de Paris.
Bien sûr, le doute est permis mais tout cela n’est pas à prendre à la légère dans cette affaire hautement délicate et sensible. On y avait d’abord évoqué la piste des éleveurs de porc corses, puis la piste intellectuelle. Il faut ajouter à cela une sorte de rivalité des services dans la police et un manque de coopération entre les juges antiterroristes, l’acquittement faute de preuves en 2006 des deux personnes présumées être les cerveaux de l’assassinat, etc. Sans oublier, au début de l’enquête une histoire de taille entre Yvan Colonna et la victime avec une trajectoire de balles qui ne pouvait correspondre, la désignation de quatre de ses complices, une cavale de 5 ans…
On ne peut qu’une fois de plus, mettre en cause l’enquête et l’instruction dans ce dossier riche en rebondissements mais si important puisqu’il s’agit de terrorisme…
À suivre…