Enfin ! Il était temps que la France fasse son mea culpa comme sur d’autres sujets comme la guerre d’Algérie, la guerre d’Indochine ou encore l’esclavage… Car non, la France n’est pas l’Immaculée Conception et elle en a commis des erreurs et des horreurs ! Ce n’est même pas elle qui est à l’origine de la Déclaration des droits de l’Homme qui a été signée bien avant aux Etats-Unis d’Amérique…
Si les historiens depuis longtemps ont fait état de la responsabilité de la France et du régime de Vichy dans la déportation des Juifs de France mais aussi des communistes, cette fois, c’est fait : le Conseil d’Etat a solennellement affirmé la responsabilité de l’Etat français de Vichy dans les déportations
durant la Seconde Guerre mondiale. Il en aura fallu du temps pour qu’elle se repente ouvertement !
Hier, le Conseil d’Etat a estimé que la responsabilité, (sans guillemets s’il-vous-plaît, je préfère), de l’Etat français était engagée dans la déportation des Juifs. Cette fois, cette déclaration a valeur historique et elle sera publiée au
Journal Officiel (quand cela sera-t-il indiquée dans les livres scolaires et les programmes d’Histoire ?). Il s’agit bien entendu de la France officielle car nul ne conteste le rôle des « Justes » et de la résistance…
Le Conseil cite « des arrestations, internements et convoiements à destination des camps de transit, qui ont été, durant la Seconde Guerre mondiale, la première étape de la déportation de ces personnes vers des camps dans lesquels la plupart d’entre elles ont été exterminées ». Il ajoute que « la responsabilité de l’Etat est engagée en raison des dommages causés par les agissements qui, ne résultant pas d’une contrainte directe de l’occupant, ont permis ou facilité la déportation à partir de la France de personnes victimes de persécutions antisémites ». En effet, bon nombre de miliciens et de policiers français avaient montré un zèle très efficace alors même que les nazis ne leur demandaient pas autant…
Serge Klarsfeld s’est déclaré satisfait : « La France montre maintenant qu’elle est à l’avant-garde des pays qui assument leur passé, ce n’était pas le cas jusque dans les années 90 ». (Il veut parler, bien entendu, de la France officielle mais pas de la population française ni des historiens : NDLR).
Le Conseil d’Etat estime également que l’Etat a pu réparer « autant qu’il était possible, l’ensemble des préjudices » ce qu’a confirmé Serge Klarsfeld. Différents dispositifs ont en effet été mis en place depuis l’an 2000 avec la commission Mattéoli concernant les biens des Juifs qui avaient été confisqués ou subtilisés. Ainsi, une rente pour les orphelins avait été mise en place ainsi qu’une commission des spoliations et la création de la Fondation pour la mémoire de la Shoah qui a reçu, cette année, une dotation de 393 millions d’euros. En outre, il a convenu que les déportés recevaient « une pension convenable, l’une des plus importantes d’Europe » (NDLR : c’est normal, la France a plus déporté qu’aucun autre pays). Les indemnisations sont donc, pour Serge Klarsfeld, Président de l’association des Fils et filles des déportés juifs de France et vice-président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, tout à fait convenables.
Avec cette déclaration solennelle, le Conseil d’Etat de la France arrête également tous les recours possibles de demandes d’autres indemnisations supplémentaires qui n’auraient pas été effectuées auparavant. Plus de soixante ans après les faits, le Conseil d’Etat a estimé juste de clore une fois pour toutes le débat sur la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs en la reconnaissant coupable.
À quand le mea culpa de l’
Eglise catholique dont certains membres ont favorisé la coopération avec les nazis et l’exil de certains d’entre eux en Amérique du Sud ? Peut-être, la fille aînée de l’Eglise, telle qu’on qualifiait la France jadis, saura-t-elle lui montrer le chemin alors même que l’Eglise était prête à réintégrer des excommuniés négationnistes ?