L’usine de Clairoix dans l’Oise va fermer ses portes en entraînant la suppression de 1 120 emplois. Cette fermeture va se dérouler en mars 2010 au plus tard. Le fabricant allemand de pneus ne considère plus rentables les sites de Clairoix et de Hanovre où 780 postes vont être aussi supprimés. Le groupe emploie 160 000 salariés dans le monde et pour la direction « il n’y a malheureusement pas d’alternative ». Elle préfère évoquer le terme « arrêt de la production » ce qui revient au même.
Autant dire que cette annonce a été très mal perçue car les syndicats, qui, la semaine dernière encore, avaient reçu l’assurance lors d’un comité d’entreprise exceptionnel, qu’aucune fermeture de Clairoix n’était prévue. Il y a eu dans cette affaire, des semaines de démentis alors même que les salariés avaient accepté de revenir à la semaine de 40 h pour empêcher la fermeture de leur usine.
Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’industrie, avait eu beau répété que la fermeture de Clairoix « serait une trahison », la direction allemande a finalement tranché en passant outre les propos ministériels et les concessions faites par les ouvriers.
Comme pour Total, les politiques s’exclament, s’insurgent comme le sénateur UMP Philippe Marini de l’Oise qui évoque une décision « sans justification économique ». Le secrétaire général du Comité d’entreprise, Antonio da Costa, a beau dire « ce sont des lâches »… Rien n’y fait ! Luc Chatel a prévenu « que si le groupe persistait dans sa volonté d’une restructuration du site de Clairoix, il aurait à justifier devant les tribunaux de la motivation de tels licenciements » car Continental a affiché des résultats positifs pour son département pneumatiques en 2008.
Pour Continental, la chute du secteur automobile entraîne inévitablement la chute des pneumatiques en Europe soit une baisse en janvier de 30 % tout comme en février. Se considérant en surcapacité de production, Continental projette une baisse de production de 15 millions de pneus. Selon Bernard Trilken, vice-président des opérations industrielles de la division pneumatiques : « Si nous ne faisons rien, ce sont 26 000 emplois qui seront menacés ». Aucune mention pourtant du fait que Continental a été racheté par Schaeffer, au bord de la faillite avec une dette de 22 milliards d’euros…
Dans un premier temps à Clairoix, 600 emplois vont être supprimés d’ici neuf mois et 470 dans un an… Voilà donc encore une entreprise qui fait des bénéfices et qui licencie… À Clairoix, les ouvriers ont arrêté le travail pour protester…

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