45 000 chômeurs de plus en France, c’est le chiffre annoncé pour le mois d’octobre 2008.
Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, avait déjà annoncé la couleur dès mardi en évoquant une tendance « très mauvaise » avec une « nette dégradation proche de celle du mois d’août qui avait enregistré 42 200 chômeurs supplémentaires ». Ce chiffre n’est cependant pas, à l’heure actuelle, confirmé par le gouvernement… Peut-être a-t-il peur ?
C’est donc la sixième hausse mensuelle consécutive dans le nombre de chômeurs inscrits en catégorie 1 auprès de l’ANPE. (ben oui, les chômeurs sont catégorisés).
Pour contrer cette dégradation du marché de l’emploi, le gouvernement n’a rien proposé de plus qu’un recours accru au chômage partiel ce qui n’est évidemment pas du goût des salariés chez lesquels on entend ce slogan « travailler moins et gagner moins pour garder son emploi ».
Fin septembre, l’on recensait en France, d’après les chiffres officiels (contestés par de nombreuses associations) 1,95 million de chômeurs dans cette catégorie 1. La France va sans doute passer la barre symbolique des 2 millions d’ici peu ce qui représenterait, selon les prévisions de l’OCDE un taux de 8,2 % de la population active en 2009 et, si la crise se poursuit, un taux de 8,7 % en 2010 (contre 7,2 % au deuxième trimestre 2008). Et cela, peu importe la remontée des bourses… Le mal est fait.
Face à cette situation qui va devenir de plus en plus dramatique pour de nombreux Français, Nicolas Sarkozy a proposé de relever le plafond des heures de chômage partiel autorisées chaque année par salarié, soit il passerait de 600 à 800 heures, voire à 1 000 heures dans les secteurs difficiles (rien n’est dit pas « difficiles »). Il propose également de « porter de quatre à six semaines la durée consécutive d’activité partielle » tout en jugeant « urgent de porter l’indemnisation minimale au niveau du SMIC ». Les partenaires sociaux devront donc être sollicités pour augmenter le taux de prise en charges des rémunérations perdues qui n’est que de 50 % du salaire brut (soit les patrons et l’Unedic).
Face aux revendications syndicales qui mettent le doigt sur la baisse de revenus des salariés mis de force en chômage partiel en voyant de fait leurs revenus diminués, Laurent Wauquiez a déclaré sur France 3 qu’un salarié au chômage partiel est « moins payé mais n’est pas au chômage, et tout est quand même mieux que le chômage (…) - « Il ne faut pas accabler le chômage partiel qui est une solution temporaire » a déclaré Christine Lagarde.
Bref, mieux vaut, selon le gouvernement, un chômage partiel plutôt qu’un chômage tout court… Cela diminuerait sans doute les chiffres officiels et permettrait une plus grande flexibilité aux employeurs ! Quant aux chômeurs à temps partiel, ils n’auront qu’à se débrouiller pour payer leur loyer !
Ne sentirait-on pas là, dans ces discours incongrus, comme un parfum de crise sociale ? Mais, vous le savez aussi bien que moi puisque ici je fais un éditorial et j’écris en mon nom : « ils savent tout, ces énarques qui nous gouvernent » !