Pour montrer encore plus sa rupture avec les méthodes de l’ancien
Président George W. Bush qui se repose bien tranquillement dans son ranch du Texas,
Barack Obama a voulu faire la lumière sur les actions de la CIA et il n’exclut pas de demander des poursuites contre d’anciens responsables administratifs.
En effet, la semaine dernière, Obama a voulu que soient publiés les mémos sur les techniques de torture de la CIA. Il s’agit de documents confidentiels sur les méthodes d’interrogatoires des agents de la CIA à l’égard de personnes présumées terroristes. En recevant l’aval de Bush, de Dick Cheney (ancien vice-président) et de Condoleeza Rice (secrétaire d’Etat aux affaires étrangères), les agents de la CIA avaient tout le loisir d’employer des méthodes plus que musclées avec une couverture juridique. Dans ces mémos, on s’aperçoit de grandes précautions avaient été prises pour que les techniques de la CIA ne soient pas entachées du terme de « torture » selon les textes internationaux. On peut citer quelques exemples : ceux qui menaient l’interrogatoire pouvaient enchaîner un prisonnier au plancher ou au plafond pour le maintenir éveillé durant plus d’une semaine cependant ils devaient lui laisser une durée de sommeil normale avant de reprendre la méthode. Ils pouvaient aussi l’enfermer dans une caisse obscure durant huit heures à condition qu’il en sorte six heures par jour. Il était aussi possible de modifier l’alimentation, de le gifler, de le frapper au ventre, de l’arroser d’eau froide pendant 20 minutes, de le placer dans des positions humiliantes et inconfortables, etc. Pour poursuivre dans les détails macabres, les agents pouvaient simuler la noyade avec une solution saline mais le prisonnier devait recevoir des aliments liquides afin d’éviter qu’il ne s’étouffe avec du vomi. Certaines personnes juridiques soutenaient ce genre de pratiques et les médecins n’étaient chargés que d’évaluer si le détenu pouvait survivre à la contrainte ou si les coups portés ne provoquaient pas de douleurs intenses et permanentes, etc. Bref… Des méthodes insoutenables, d’un autre âge, et pratiquées en toute connaissance de cause…
Dick Cheney, mis en cause dans le traitement des prisonniers en Irak et en Afghanistan, s’est bien sûr insurgé contre la révélation de ces documents et il a même défendu ces méthodes sur Fox News en prétextant qu’elles « nous avaient protégés pendant sept ans ». Karl Rove, proche de George Bush, s’indigne sur le fait que des poursuites puissent être engagées,
John McCain s’est aussi positionné contre ces poursuites…
La Maison Blanche a déclaré que l’enquête ne serait pas confiée à un magistrat indépendant mais plutôt à une commission mise en place par la majorité démocrate du Congrès.
Poursuites ? Pas de poursuites ? C’est la question que tout le monde se pose aujourd’hui à Washington…

Il n'y a pas encore de commentaires pour cette dépêche.
Tous les commentaires sont soumis à modération (ceux abrégés en SMS seront supprimés).
Ne vous inquiétez donc pas si ceux-ci ne s'affichent pas instantanément.