Il fallait être aveugle pour que le fabricant turc de chaussures, Ramazan Baydan, ne reconnaisse pas son modèle qui a fait le tour de la planète grâce au lancer franc d’un journaliste irakien contre le Président américain George W. Bush.
Il s’agit en effet d’un modèle en cuir noir qu’il fabrique depuis dix ans et qu’il distribue notamment en Turquie et au Moyen-Orient. Avec humour, le chausseur installé à Istanbul, a affirmé avoir « apprécié son aérodynamisme ». Pour l’occasion, le modèle a été rebaptisé « Bush shoes » ou « chaussure Bush » (auparavant ce modèle s’appelait Ducati 271).
Et depuis une semaine, les commandes affluent du monde entier. 15 000 paires sont attendues en Irak, 370 000 paires en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et dans tout le Moyen-Orient. D’habitude, ce fabricant écoulait à peine 1 000 paires de chaussures ! Il a dû doubler ses effectifs ! La paire originale a, elle, été détruite par les militaires américains et irakiens. Bon joueur, Baydan n’a pas pour autant augmenté ses prix et la paire de « Bush shoes » est toujours fixée à 27 dollars soit 19,30 euros.
Cette déclaration a fait tache d’huile puisque de nombreux chausseurs se sont proclamés les fabricants du célèbre modèle de godasses assassines comme en Chine, au Liban, en Syrie, en Egypte… Bref, c’est à celui qui aura vraiment mis au point le modèle utilisé par le journaliste irakien.
Rappelons que ce dernier, et c’est beaucoup moins drôle, même s’il est devenu une sorte de héros au Moyen-Orient, doit comparaître pour son procès à Bagdad à partir du 31 décembre. Il risque de cinq à quinze ans de prison pour « attaque contre un chef d’Etat étranger lors d’une visite officielle » si le qualificatif « d’agression caractérisée » est retenu. Cela dit, le tribunal peut transformer son acte en « tentative d’agression » qui serait alors seulement punie de un à cinq ans de prison. Selon son frère, Mountazer Al-Zaïdi a été torturé durant 36 heures à coups de barre de fer et de câble électrique après son arrestation, accusation niée par la cour irakienne qui affirme que le journaliste serait en bonne santé bien qu’il ait été blessé lors de son interpellation…
Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki attend des excuses. Selon le juge, suite à une question sur ses motivations, le journaliste aurait répondu qu’il haïssait le Président américain et qu’il voulait juste le frapper et qu’il n’avait agi qu’en son nom propre.
Le procès devrait se dérouler en présence des médias.

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